L'autre jardin

16 juillet 2012

Le ballon émotionnel / un conflit mère-enfant ~ ROCK ROSE, VERVAIN (Hélianthème, Verveine)

 

J'ai suivi les ateliers Faber & Mazlish pour apprendre à éduquer mes enfants avec comme ligne de conduite, le respect mutuel. Ma démarche était en lien avec ce que l'allaitement m'avait fait découvrir de la relation humaine.

 

Le 1er atelier parlait des sentiments difficiles : Comment écouter nos enfants pour accueillir toutes leurs émotions. Comment leur parler pour qu'ils comprennent ce qui se passe en eux.

Pour illustrer la difficulté qu'ont nos enfants à sortir seuls d'un état émotionnel "fort", l'animatrice nous avait montré un dessin expliquant le fonctionnement de l'envahissement émotionnel. On parle aussi de ballon émotionnel.

Imaginez un rond coupé à l'horizontal en deux moitiés égales. La partie du bas (50%) = notre partie émotionnelle (instinct). La partie du haut (50%) = notre partie mentale (raisonnement).

 

Phase 1Quand nous allons bien, les deux parties sont en équilibre. Elles prennent "schématiquement" le même volume dans notre tête. En relation, nous sommes à la fois dans le mental (intellect) et le ressenti (émotions).

 

Quand nous rencontrons un problème, la partie émotionnelle gonfle jusqu'à réduire la partie mentale à peu de présence. Concrètement nous sommes submergés par un ou des sentiments "négatifs" (stress, peur, culpabilité ...) et le peu de raisonnement qu'il nous reste nous permet difficilement de reprendre le dessus.

 

phase 2

Comment revenir à un état d'équilibre ?

Jusqu'à 7 ans, l'enfant est incapable de raisonner ses émotions. Avant (cet âge), ses émotions l'envahissent à 100% ? Ca veut dire qu'il ne lui reste même pas une part de mental pour prendre du recul sur la situation. A nous (l'adulte) de l'aider à comprendre ce qui se passe et à dégonfler la pression intérieure en nommant le sentiment. Les effets de l'écoute active sont radicaux : le ballon se perce, les émotions difficiles s'évaquent, le mental reprend de la place, le raisonnement aide à revenir à soi.

 

PHASE 3

 

Cette technique marche aussi bien pour les enfants que les adultes. Je l'ai utilisée il y a deux mois pour tenter d'enrayer une situation de tensions familiales qui prenait une tournure dramatique.

Un dimanche où enfin il fait beau ! Au bord d'un lac. Il est 13h. Les familles pique-niquent. Il fait 35° au soleil.

Pas très loin de nous, il y a une famille composée d'une petite fille 18 mois, d'un petit garçon environ 3 ans, du père, de la mère et de la grand-mère.

 

La mère se lève et se dirige vers son fils de 3 ans qui mange un sandwich. Elle le tire par un bras pour le mettre debout, lui donne une fessée magistrale, le rassoit. Elle revient à sa place en criant : "J'en ai marre de ses gosses. J'en peux plus". Elle se rassoit aussi. Le garçonnet pleure. Elle le reprend : "Arrête de pleurer. Tais-toi. Je ne veux pas t'entendre". Le mari ne dit rien. La petite soeur de 18 mois est muette. La grand-mère s'est absentée. Je viens d'assister à cette scène. Je suis à 4 mètres. L'enfant n'avait rien fait d'anormal pour déclencher cette violence. Deux fois auparavant, j'ai vu la mère puis le père le tirer fortement par un bras pour l'extirper d'une situation qui les stressait mais dont ils étaient responsables (transfert de leur peur ; comportement irresponsable exposant à un danger mortel).

Je trouve cette scène d'une violence physique et psychique inouies et profondément injuste. Quelle gratuité. Je sens le dégoût monter en moi. J'ai une envie de vomir, c'est extrêment violent. Cette mère passe sa colère, ses nerfs sur son fils. Depuis une heure qu'ils sont arrivés sur la plage, je sens une escalade émotionnelle en elle. Contre qui en a-t-elle réellement ? Et son mari qui laisse faire !!!

 

Je me pose alors les questions typiques : je fais semblant d'avoir vu ou j'interviens ? Je dis quoi ? Je prends la défense de qui ? Que ressent cet enfant ? Que peut-il faire ? Comment agir sans que cela retombe après sur le gosse ? Est-ce que je vais me prendre une baffe ? Qu'aimerait l'enfant ? Est-ce que je reste lâche ? Que me dit mon coeur ?

 

Je laisse mon enfant jouer à la structure de jeux et fais quelques pas vers cette famille. Le petit garçon est installé sur une couverture en plein cagnard sans chapeau. Il essaie de manger son sandwich sans hoqueter. Sa mère, son père et sa soeur sont sous un parasol à 3 mètres de lui.

Je ne me souviens plus de comment j'ai engagé la conversation avec l'enfant car cela date, mais je lui ai simplement demandé s'il n'avait pas trop chaud et soif ? Evidemment en très peu de temps la mère s'est approchée de moi furax pour m'invectiver sur le thème de "de quoi je me mêle ?" :

- "Vous vous prenez pour qui ?

- Je sens que vous êtes en colère contre moi.

- De quel droit venez-vous nous dire ce que nous avons à faire ? Elle lève un peu la main.

- Vous êtes vraiment en colère ! Je vous ai énervée quand j'ai demandé à votre petit garçon s'il avait chaud et soif ?

- Je suis sa mère et je sais m'en occuper.

- J'en suis sûre.

- Je vous demande de partir. Occupez-vous de vos enfants.

- Je vais partir. J'entends que je vous ai blessée. Mais je ne vous juge pas. Moi aussi je suis maman. Il m'arrive d'être très fâchée contre mes enfants. C'est difficile d'être maman et de toujours faire au mieux. Parfois on en a marre et on aimerait que ça s'arrête.

- Laissez-nous tranquille.

- Bon après-midi."

 

La grand-mère était revenue sur sa paillasse au début de notre échange tendu. A peine étais-je retournée à la structure ludique retrouver mon Benjamin que le climat familial commençait à changer. La grand-mère reprenait mes propos en soulignant que l'enfant pouvait attraper une insolation et invitait son petit-fils à s'asseoir à côté d'elle à l'ombre, lui proposant à boire. Puis j'ai senti la mère se détendre. Enfin une heure plus tard, le père jouait avec ses deux petits alors qu'auparavant, il faisait tapisserie.

  • Avoir nommé les sentiments de la mère l'a aidée à dégonfler son ballon émotionnel et permis une détente générale de l'atmosphère
  • Avoir pris la défense du petit par le biais de la santé (prévention) lui a permis de réintégrer le groupe sans humiliation.

 

C'est une sacrée expérience pour moi qui d'habitude n'ose pas intervenir. Or je fais partie de la collectivité et ai une part de responsabilité dans ce qui se passe (encore plus) sous mes yeux. J'espère à nouveau trouver le courage la fois prochaine.

Rock Rose : s'investir de la force du héros / Vervain : défendre une injustice tout en écoutant le point de vue d'autrui

Rock RoseVervain

 


12 mai 2012

Démonstration réussie mais quelle nulle !!! / Rescue (Remède de secours)

 

Vendredi en 8, à midi, mon aîné et son copain jouent dans le jardin pendant que je prépare le repas.

- Maman ! Y a une souris dans le jardin.

Heu, je feins la stratégie j'entends pas.

- Mamannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! Y a une souris dans le jardin.

OK ! le quartier étant au courant, je refais surface :

- Ah bon ! Elle est où ? répondis-je en gardant mes distances.

- Elle est là, sous la balançoire. Elle est trop mignonne maman, viens la voir. Mais je crois qu'elle ne va pas bien.

- Elle bouge ?

- Oui mais elle est sur le côté. Oh maman, viens la voir, la pauvre.

- HUM HUM HUM

 


 

J'imagine la fleur Rock Rose dans ma tête et quelques secondes plus tard, aussi courageuse que Wonder Woman, je rejoins mon fils au fond du jardin.

 

1Effectivement, la petite bête semble à l'agonie. Elle git sur un flanc. Fait des tentatives malheureuses pour se remettre à 4 pattes. Elle a du sable sur le corps. Je me dis qu'elle s'est peut-être fait attraper par un chat dont elle a pu se libérer, mais le choc et le soleil (30°) la perturbent.

- Bon. Commençons par lui donner du RESCUE pour qu'elle se remette d'aplomb et mettons-là à l'abri du soleil. C'est bizarre, pensais-je en découvrant ses yeux voilés, un peu gris. Elle doit être bien vieille car elle ne semble pas bien voir.

 

Je vais chercher des gants en latex et un chiffon ; je dilue 4 gouttes de RESCUE dans de l'eau, dans une coupelle ; mon grand prend sa boite à chaussures préférée et du fromage. Nous voilà repartis au fond du jardin. Mimi notre souris n'a pas bougé et se laisse même faire quand je m'en saisis doucement. Je la pose dans son nouveau nid et nous plaçons la boite à l'ombre sur un coffre à jouets. A l'aide d'une allumette, je dépose quelques gouttes d'eau RESCUTEE sur son museau puis nous la laissons tranquille, et partons manger à cinq mètres de là. Dix minutes plus tard, Titou file regarder ce qu'elle devient.

2   2b

- Elle a mangé du fromage maman. Je vois la trace de ses petites dents !

Bon notre plan fonctionne, elle se retape.

 

 

10 minutes plus tard, que vois-je dans mon champs de vision :

3

Oh la, mais Mademoiselle est suffisamment gaillarde pour repartir à l'aventure. Nous courrons la rejoindre et je saisis la boite en prévention d'une chute d'un mètre. N'ayant pas le temps de l'apporter dans un grand espace de verdure, notre équipe repart vers la balançoire pour la lâcher là où nous l'avions trouvée.

5

Elle se laisse glisser sur le sol, avance un peu sur l'herbe puis, en terrain connu, se faufile dessous. Nous lui disons au revoir et allons finir notre glace au chocolat qui se transforme en flaque !

 


Le soir-même, fiers de notre sauvetage grâce à RESCUE et à nos bons soins, nous racontons l'histoire à zhom. A la fin il me dit :

- Tu es sûre que c'était une souris ?

- Ben oui, je crois.

- Ce ne serait pas plutôt la taupe qui nous ravage le jardin depuis un mois ?

- Ah ça non. Elle ne ressemble pas à une taupe. Mais j'ai fait des photos, tu veux la voir notre souris ?

- Montre-moi.

4

ARGH !!! C'est pas vrai, en fait il s'agit d'une souris-taupe. Mon père m'a parlé de cette espèce. C'est pire que la taupe. Elle te met le jardin en vrac et tu ne peux pas lutter !!!

- C'est ELLE qui transforme notre carré de verdure en terrain de golf ?

- Oui.

Je préfère me taire

- Je crois que tu as raison car ses yeux laiteux m'ont fait penser qu'elle était aveugle. C'est sûr, si elle vit sous terre !!! Et puis je comprends mieux ses grains de sable sur le dos, elle devait être sortie de son tunnel.

Silence de mort

- Vous lui avez sauvée la vie ! Et en plus tu l'as relâchée ! ARGH !!! Et pourquoi t'as pris des photos ?

- Pour montrer qu'on peut aussi donner RESCUE aux animaux pour les retaper d'un mauvais coup.

- Ben c'est réussi ton expérience, nous voilà à nouveau dans la mouise.

On en rigole, que faire d'autre ?

 


J + 10

Rescue dropsJe scrute notre terrain et toujours pas de nouveau trou !

Qué passa ?

Souris-taupe se serait-elle mourrue ?

Ou aurait-elle changé de jardin pour nous remercier de lui avoir donné une deuxième chance. Je penche plutôt pour cette option car il m'arrive régulièrement de ranimer au RESCUE (dilué dans de l'eau) des oiseaux qui se tanquent dans nos vitres et l'un d'entre eux est longtemps venu chanter juste sous nos fenêtres.

 


Je profite de ce post pour faire de la pub à cette hisoire de petite taupe hilarante

taupe

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19 avril 2012

Ah ! cette douleur de l'enfantement ... (Rescue)

 

Ah ! cette douleur de l'enfantement :

  • Pourquoi l'ai-je vécue si différement pour mes deux accouchements ?
  • Pourquoi suis-je arrivée à la transcender avec benjamin ?
  • Il y a bien eu deux lectures intéressantes, des échanges avec ma SF, des copines et d'autres "gros ventres", mais à part ça, comme dirait Dutronc ?

 

genere-miniature

Extrait du chapitre juin, Rebecca est un foetus de 9 mois. Elle (son âme) parle aux auteurs du livre.

- (Rebecca) « Parlez-moi, oui parlez-moi … j’ai besoin que l’on me parle. Maman ne le fait pas alors que j’aime tant qu’elle m’adresse quelques mots … elle ne pense qu’à la douleur de l’accouchement !

- (les auteurs) Tu devrais pourtant la comprendre cette douleur …

- Oh je la comprends, je la perçois tellement moi aussi, mais si elle savait qu’en me parlant, qu’en se centrant davantage sur ma présence, elle souffrirait beaucoup moins ! Ma forme lumière demeure encore au niveau de ce que vous appelez son aura mentale. Nous sommes tellement proches l’une de l’autre, alors, si elle se tournait vers moi elle ne serait plus l’artisan des tensions qui la font tant peiner. Il y aurait soudainement un pont entre nous deux, un pont qui très vite deviendrait une véritable gomme à douleur. Lorsque l’on a peur, on cherche à se protéger et c’est alors que l’on ne parvient plus à donner … mais le don voyez-vous, c’est la source de la décrispation, de l’espoir, de la lumière !

-  Veux-tu dire que la souffrance de ta mère est d’origine psychique ?

- Non, je me suis peut-être mal exprimée … Le corps et ses composants sont évidemment sources de douleur, mais c’est le psychisme qui en devient au fil des jours et parfois des mois le réel amplificateur. Une femme qui enfante ou qui va enfanter est si souvent polarisée sur elle-même et sur son propre corps qu’elle cristallise en son être la notion de la douleur. Elle la gorge de ses craintes, de ses doutes et parvient ainsi à la rendre infiniment plus présente qu’elle ne devrait l’être. On lui a tellement appris qu’elle devrait souffrir.

- Elle génère en quelque sorte, avant l’accouchement, des formes-pensées de souffrance.

- Les différents degrés de manifestation de son âme s’auto-conditionnent et programment l’idée, la nécessité évidente de la douleur, jusqu’au tréfonds de sa chair.

(...)

- Et ce long frisson qui nous a parcourus il y a quelques instants ?

- C’est un courant venu d’une brusque angoisse de Maman rien de plus. Je suis pourtant heureuse que vous l’ayez ressenti car cela vous montre à quel point une mère et son enfant sont semblables à des vases communicants. Cela vous montre aussi à quel point la paix qu’une future mère va essayer de cultiver en elle peut, de la même façon, ensemencer la paix chez l’être qu’elle va accueillir.

 


Les Fleurs de Bach sont inoffensives en période de grossesse et de naissance. Elles nous aident à retrouver des pensées positives. Par exemple de la sécurité intérieure face à l'inconnu de l'accouchement. Du courage et de la confiance face à la douleur. Du coup, nous arrivons (plus) apaisées jusqu'au jour J. A cet instant, nous pouvons prendre du RESCUE pour hamoniser le fort stress ou pourquoi pas quelques jours avant fabriquer un flacon contenant les quintessences de nos sabotages connus : je pense que je vais vite me décourager, je pense que je vais être influençable. Je pense que je vais être impatiente ...



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28 mars 2012

Ah ! c'est comme ça que ça marche

 

Je profite d'une nouvelle demande de mon fils pour en savoir un peu plus sur le sujet. Lui qui est dans l'âge où l'intuition n'est pas encore trop menacée, selon l'éducation reçue.

Il s'est fait vacciner lundi soir. Nous sommes mercredi matin. Aucun changement extérieur (émotionnel, mental, comportemental ... ni de symptôme physique) entre temps.

 

Je vais dans le salon. Il est allongé sur le canapé, se relève et me dit :

- "Maman je veux choisir des Fleurs". (choisir des cartes avec les fleurs en photo)

- "Tu as besoin de Fleurs de Bach ?"

- "Parce que je les aimes !"

- "Qu'est-ce que tu aimes avec les Fleurs ?"

- "Parce que je ne sais pas".

- "Comment tu sens que tu dois en prendre ?"

- "Dans mon ventre il y a des Fleurs. Elles disent qu'elles sont pareilles alors j'ai décidé de les prendre".

Ca rejoint bien cet article avec en plus une qualité d'écoute intérieure. C'est vraiment intéressant :)))

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25 mars 2012

Le cerveau émotionnel

 

Dernièrement un médecin me disait  : - "le cerveau émotionnel se situe au niveau du ventre. Quand un enfant dit avoir mal au ventre, il faut aussi décoder ce qu'il y a derrière (le symptôme)."

 

Ce midi

Titou : - "Maman je ne veux pas m'habiller. De toute façon je n'ai pas faim, j'ai mal au ventre".

- "Ah ! ... qu'est-ce qu'il a ton petit ventre ?"

- " Je sais pas."

- "Quelque chose ne va pas aujourd'hui ?"

- "Aujourd'hui c'est la fête et il n'y a pas de gâteau".

- "Tu aimerais faire un gâteau pour moi ?" (c'est mon anniversaire)

- "Oui".

- "Si nous le faisons tous les deux cet AM, tu serais content ?"

- "Oui. Je voudrais faire un gâteau au chocolat".

- "C'est d'accord".

- "Maman, je n'ai plus mal au ventre".

- "Mmh"

 

Il est parti s'habiller et nous est revenu déguisé pour me faire une surprise. Du coup Benjamin a demandé son costume. C'était trop chouette !

 

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07 mars 2012

Ma 2ème claque en CNV !

 

Depuis que Benjamin est réveillé il chouine. Rien ne va et rien ne va. 2h que ça dure !!! Si je regarde devant : encore 8h en solo avec les petits. Et si je regarde derrière : presque 21 jours que je suis garde-malade à la maison. L'addition de tout ça = je suis un peu à fleur de peau. Vidée. Une ambiance plus  faciliterait grandement le bon déroulement de notre journée.

Une nouvelle râlerie de mon fils nourrit ma colère ruminée et voilà qu'elle grossit, qu'elle grossit, qu'elle grossit jusqu'à se déverser :

- "Benjamin, j'en ai assez. Depuis que tu es réveillé, je n'entends que des plaintes. Je ne supporte plus ce comportement. Je me sens devenir méchante. Je vais descendre à la cuisine pour me calmer. Quand nous irons mieux, nous jouerons ensemble."

 

Je le laisse dans sa chambre avec son frère. Il pleure à chaudes larmes. Ca me fend le coeur mais stressée, je préfère que nous trouvions nos solutions par nos propres ressources. Envahie par mes émotions , impossible d'être présentement à l'écoute des siennes. Je m'investis dans mes tâches ménagères et dix minutes plus tard tends l'oreille. Rien. Pas un bruit. Que se passe-t-il à l'étage ? Je monte doucement l'escalier, entrebaille la porte de leur chambre et découvre les enfants.

Benjamin (2 ans) est assis sur son lit. Son frère à ses côtés. Des livres étalés autour d'eux. Titou (4 ans) raconte une histoire à son petit frère. Il y met tout son coeur et le petit écoute attentivement. Je referme la porte émue. Quitte mes préoccupations pour revenir à mes occupations.

 

Seule dans l'après-midi avec Titou, j'en profite pour en savoir plus :

- "Comment as-tu fait ce matin pour calmer Benjamin ?"

- "Je l'ai entendu pleuré. J'ai pensé qu'il voulait une histoire. Alors je suis allé sur son lit. Nous avons choisi des histoires et je les ai racontées. Il a arrêté de pleurer. Tu vois maman il avait envie de ça."

- "Je suis heureuse de voir que tu sais t'occuper de ton frère quand il ne va pas bien. Je trouve que tu es un garçon attentif et généreux."


Ma deuxième claque en éducation non violente !

Cette pratique développe la bienveillance entre enfants

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21 janvier 2012

Intuition

 

J'adore cette définition.

Intuition : la mémoire de l'avenir !

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29 novembre 2011

(un)dignité

 Allô ! Madame Chose, c'est le service de chirurgie ambulatoire. Je vous appelle pour savoir si vous allez bien ?

18 heures après ma sortie de l'hôpital : il est 13h. Je suis en train de manger avec zhom quand le téléphone sonne. En général c'est soit chéri chéri qui m'appelle du boulot, soit de la téléprospection. Je clopine vers le bigophone en ne pensant qu'à cette 2ème option forcément, et j'entends la voix d'une infirmière qui me demande de mes nouvelles. Je suis légèrement surprise vu comment s'est passé mon départ de l'hôpital hier soir. Mais bon, font leur boulot hein ! C'est écrit dans le PROTOCOLE et elle doit remplir mon dossier ! Que va-t-elle écrire exactement ???

La veille à 7h du mat : j'arrive pas très fraîche au service de chirurgie ambulatoire (1 journée à l'hôpital) pour une opération sous anesthésie générale de 2h. Je dois passer entre 8h et 11h. Il y a déjà 15 patients, et plus de place dans la salle d'attente ! Je m'installe dans le couloir et bouquine. 8h15 : j'intègre une chambre et une infirmière me briefe sur la suite. A mon tour de la briefer sur mon allaitement. Je lui demande que soient notés sur ma fiche tous les produits injectés car je dois appeler cet AM la pharmacovigilance pour décider de la suite : tétée en direct ou tire-lait ! Ayant allaité 6 mois, elle comprend l'importance de ma demande et me félicite. On se sent comme "jumelles" - trop cool. Ensuite je me prépare, je lis encore - chouette car en ce moment je n'y arrive plus - puis on vient me chercher. Mon lit se transforme en voiture et nous voilà partis pour le sous-sol vers la salle d'op. Il fait un froid de canard, on me glisse une couverture chaude et puis ???

13h30 : à nouveau dans ma chambre, j'ai conscience que tout est fini . A partir de cet instant, les choses vont, comment dire, légèrement se gâter. Le sentiment d'être la spectatrice d'une pièce à l'italienne, genre Comedia dell'Arte : tu ris, tu pleures. Durée du spectacle : 3h. Acteurs : 12 personnes. Rôles : définis sans être définis puisque personne ne se présente. Costumes : même tenue, une blouse blanche. Dialogues : Le minimum. C'est parti pour 3h de folie ! Pour s'annoncer ou sortir de scène tout le monde claque la porte de la chambre le plus fort possible. Message induit : interdiction de dormir, vous devez QUITTER LES LIEUX dans moins de 180 minutes ! C'est ce que je viens juste d'apprendre. Mon stomato (service en-dessous) m'avait dit que la sortie était vers 19h. Là on me dit que c'est 17h. - "Va falloir trouver une solution car nous on ferme". Ben moi je veux bien, mais mon mari ne peut pas venir plus tôt maintenant. Les mômes à gérer ... Ca commence bien, je suis dans leur colimateur ! Tire la gueule les actrices. Qu'est-ce que j'y peux moi si l'info ne passe pas entre services ! - Acte suivant : IMPOSSIBLE d'obtenir en 1 SEULE FOIS la liste des médocs injectés et prescrits, leur dosage, leur quantité, leur durée de traitement. J'ai du re-re-recontacter la pharmacovigilance pour leur donner la totalité des infos indispensables. Super adorable la fille. Comme d'hab avec eux. Des PROS. - 16h : un médecin passe entouré de 5 groupies. Il me parle comme à une demeurée de la suite des événements et me répète que je dois partir d'ici dans une heure. Aucune question de la famille : "Comment vous sentez-vous ?", "Avez-vous des inquiétudes particulières ?", "Comment vous êtes-vous organisée pour le retour à domicile ?". Non, il s'est tourné immédiatement vers ma voisine. Déduction personnelle : il prépare les JO de la tournée des chambres : moins d'une minute par patient ! -  16h30 : je me fais engueuler parce que je n'ai pas fait pipi et que si je ne fais pas, je ne pourrai pas sortir. Et qu'à nouveau j'emmerde tout le monde. Moi je veux bien mais j'ai bu 1/2 litre d'eau, et rien ; et personne ne m'a prévenue de cette condition, donc je n'ai pas redemandé d'eau. C'est pas sorcier d'informer le patient. Bilan : ils commencent à me faire chier. - 16h40 : 2 cas concrets de leur application terrain "la charte confidentialité du patient" ! Cas 1 : une aide soignante farfouille dans les affaires de ma voisine et sort à 1 mètre de mon nez sa petite culotte et son soutien-gorge en dentelle. Sympa les dessous !!! Cas 2 : une infirmière entre pour nous donner nos compte-rendu opératoire et ordonnance. Ma voisine ouvre son enveloppe et lit un doc. Puis elle se tourne vers moi et me tend le tout : - "C'est pour vous, moi je ne prends pas d'antibio ! Elle a échangé les papiers !" - 16h55 : je me débrouille pour aller aux toilettes - seule - histoire d'en finir. Je sonne pour prévenir de la libération urinaire, du lit, de la chambre mais pas du service. On me transfert juste en face dans la salle d'attente que je n'ai pu investir le matin. Je porte mon sac à dos sans aide - il y a à peine 6h, j'étais shootée au bloc - et je m'allonge de tout mon long sur THE banc en métal hyper moderne mais hypo confortable. La porte grande ouverte, la lumière éteinte, je vais enfin pouvoir récupérer de cette journée de chirurgie + quelques heures de sommeil en retard (4 ans de maternage, ça crève). Au cours de ces 2h, pas un humain n'est venu voir si tout allait bien, par contre j'ai pu entendre la chanson des bisounours en entier ! Sympa l'ambiance ici ! - 18h55 ! Tiens une tête passe par la porte : - "Nous vous transférons au service du dessous. Nous fermons celui-ci. Attendez-nous au bout du couloir, nous irons ensemble". Je sors de ma tanière et m'installe sur un autre banc quelques mètres plus loin. Je vois deux femmes en blouse blanches qui entrent dans une salle privée de change. L'une d'elle porte un sac en plastique contenant des restes de nos plateaux. Y'a pas de petit profit, hein ! Apprêtées en tenue de ville, elles me rejoignent et nous prenons silencieusement l'ascenseur. Je me regarde dans la glace. Il n'y en avait pas dans la chambre. Je viens d'être opérée d'une greffe osseuse des mâchoires. Je suis défigurée. Enflée. J'ai quelques traces de sang et aussi du noir sur le visage. Ma lèvre supérieure entre dans l'espace où plusieurs dents manquent. Je ressemble à une mamie de 90 ans, amochée par un accident. Parmi les 12 soignants qui m'ont vue, aucun ne m'a proposé de faire une toilette et de porter un masque chirurgicale pour masquer cette misère. Si eux pensent que je suis digne d'être regardée, moi je sens ma dignité mise à mal. Une bête de foire. Ce n'est pas moi ça ! Le coup de massue arrive à la sortie de l'ascenseur. Nous entrons dans le service de chirurgie maxillo-faciale. Une infirmière souriante vient à notre rencontre et me propose une chambre pour attendre tranquillement. Celle qui est à ma gauche lui répond froidement : "Ce n'est pas la peine, elle n'a besoin de rien, que de son mari". A vomir ce non respect humain . On m'a à nouveau proposé un banc. Cette fois, face à l'ascenseur. J'ai ressorti mon bouquin (je n'aurais jamais cru lire autant) et j'ai attendu patiemment ma p'tite famille. Mes zhoms auront ingurgité 100km aux heures d'embouteillage pour me ramener chez nous, si ce n'est pas de l'amourrrrrrrrrrrrrrrr !!!

Cyprès et branche horizontale

 

"Quand la rentabilité entre à l'hôpital, la dignité humaine en est chassée".

Voilà ce que j'aurais aimé dire à l'infirmière qui m'a appelée le lendemain midi. Je vais prendre le temps d'écrire à ce service de chirurgie ambulatoire pour laisser une trace. C'est la seule façon de faire bouger les choses. Et je sais que ça marche, car aussi grâce à mon témoignage, le service de chirurgie maxillo-faciale où je me suis faite opérer de la mâchoire il y a 5 ans, a recruté une psychologue peu de temps après mon passage. C'était juste un accompagnement indispensable pour les patients dont le visage est totalement modifié.

Parfois sortir des rangs, lutter, dire les choses fait que la dignité revient par petite touche !

 

crédit photo : D.R

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