L'autre jardin

22 juillet 2012

L'enfant, l'amour et l'engagement par Hannah Taylor ~ LARCH (Mélèze)

 

" Je fais ce que j'ai à faire" dit Hannah Taylor,

une fillette de 11 ans (2007) qui vit à Winnipeg, au coeur du Canada.

Hannah 1

" Bien des jeunes ou des adultes aimeraient faire quelque chose pour la planète, ou leur pays, ou leur ville ou leur quartier, mais ils ne savent pas comment. Si vous avez une idée qui vous semble bonne, parlez-en aux autres, ils pourront peut-être vous aider. Je n'ai rien d'extraordinaire mais j'ai la chance de pouvoir agir."

 

L'histoire d'Hannah (clic)

Ce court métrage documentaire raconte l’histoire d’une fillette de onze ans qui incite les adultes à adopter un nouveau comportement, en leur montrant le bon exemple à suivre. Lorsqu'elle n'avait que cinq ans, Hannah Taylor aperçut pour la première fois un sans-abri dans une ruelle de Winnipeg. C’est à partir de ce moment troublant qu’elle décida de changer le monde, tout simplement. Elle fonda ensuite l'impressionnante fondation Ladybug qui, sous sa gouverne, amassa plus d'un million de dollars pour le bénéfice des plus démunis.

Hannah 2

L'affection va changer le monde

 

" Je suis née avec ce qu'on appelle un souffle au coeur et aussi avec un petit tout petit, ne vous inquiétez pas, trou dans le coeur. Il arrive parfois que mon coeur batte trop vite. Quand j'ai un élan de croissance je ne retiens pas mon souffle. J'ai tendance à m'inquiéter. Et quand je m'inquiète cela affecte mon coeur. Maman dit que ma figure devient de la couleur du ciment. Mes mains sont très froides et mes lèvres ont une drôle de couleur. Les médecins essaient de savoir comment ils pourraient me guérir. J'ai une théorie au sujet de mon coeur, peut-être qu'il y a un trou dans mon coeur parce qu'on ne s'occupe pas assez des sans-abri dans le monde. C'est pour ça qu'il y a un trou. Peut-être que ce n'est pas vrai, je n'en suis pas sûre, mais c'est ma théorie de petite fille."

 

" Nous pouvons changer le monde même si nous sommes petits. Si nous apprenons avec notre esprit, et nous travaillons avec notre coeur, ça peut faire toute la différence. Je le crois vraiment."

 

coccinelle

 

 

 

 

 

 

 

 


Hannah TAYLOR exprime merveilleusement le potentiel positif de la fleur LARCH (mélèze). Je profite donc de ce post pour vous présenter cette quintessence du système Bach.

Le texte ci-dessous est une citation mais je ne connais plus son auteure !!!

 Larch

 

"Le potentiel positif de Larch se manifeste chez les personnes déterminées, capables, avec un amour-propre réaliste, qui ne s’inquiètent pas de l’échec ou de la réussite. Conscientes de leur propre potentiel, elles s’efforcent de l’exploiter. Elles sont capables de prendre des initiatives et des risques et refuser d’accepter que le mot "impossible" puisse exister. Elles utilisent judicieusement leur sens critique. Attitude positive par rapport à la vie."

 


 

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16 juillet 2012

Le ballon émotionnel / un conflit mère-enfant ~ ROCK ROSE, VERVAIN (Hélianthème, Verveine)

 

J'ai suivi les ateliers Faber & Mazlish pour apprendre à éduquer mes enfants avec comme ligne de conduite, le respect mutuel. Ma démarche était en lien avec ce que l'allaitement m'avait fait découvrir de la relation humaine.

 

Le 1er atelier parlait des sentiments difficiles : Comment écouter nos enfants pour accueillir toutes leurs émotions. Comment leur parler pour qu'ils comprennent ce qui se passe en eux.

Pour illustrer la difficulté qu'ont nos enfants à sortir seuls d'un état émotionnel "fort", l'animatrice nous avait montré un dessin expliquant le fonctionnement de l'envahissement émotionnel. On parle aussi de ballon émotionnel.

Imaginez un rond coupé à l'horizontal en deux moitiés égales. La partie du bas (50%) = notre partie émotionnelle (instinct). La partie du haut (50%) = notre partie mentale (raisonnement).

 

Phase 1Quand nous allons bien, les deux parties sont en équilibre. Elles prennent "schématiquement" le même volume dans notre tête. En relation, nous sommes à la fois dans le mental (intellect) et le ressenti (émotions).

 

Quand nous rencontrons un problème, la partie émotionnelle gonfle jusqu'à réduire la partie mentale à peu de présence. Concrètement nous sommes submergés par un ou des sentiments "négatifs" (stress, peur, culpabilité ...) et le peu de raisonnement qu'il nous reste nous permet difficilement de reprendre le dessus.

 

phase 2

Comment revenir à un état d'équilibre ?

Jusqu'à 7 ans, l'enfant est incapable de raisonner ses émotions. Avant (cet âge), ses émotions l'envahissent à 100% ? Ca veut dire qu'il ne lui reste même pas une part de mental pour prendre du recul sur la situation. A nous (l'adulte) de l'aider à comprendre ce qui se passe et à dégonfler la pression intérieure en nommant le sentiment. Les effets de l'écoute active sont radicaux : le ballon se perce, les émotions difficiles s'évaquent, le mental reprend de la place, le raisonnement aide à revenir à soi.

 

PHASE 3

 

Cette technique marche aussi bien pour les enfants que les adultes. Je l'ai utilisée il y a deux mois pour tenter d'enrayer une situation de tensions familiales qui prenait une tournure dramatique.

Un dimanche où enfin il fait beau ! Au bord d'un lac. Il est 13h. Les familles pique-niquent. Il fait 35° au soleil.

Pas très loin de nous, il y a une famille composée d'une petite fille 18 mois, d'un petit garçon environ 3 ans, du père, de la mère et de la grand-mère.

 

La mère se lève et se dirige vers son fils de 3 ans qui mange un sandwich. Elle le tire par un bras pour le mettre debout, lui donne une fessée magistrale, le rassoit. Elle revient à sa place en criant : "J'en ai marre de ses gosses. J'en peux plus". Elle se rassoit aussi. Le garçonnet pleure. Elle le reprend : "Arrête de pleurer. Tais-toi. Je ne veux pas t'entendre". Le mari ne dit rien. La petite soeur de 18 mois est muette. La grand-mère s'est absentée. Je viens d'assister à cette scène. Je suis à 4 mètres. L'enfant n'avait rien fait d'anormal pour déclencher cette violence. Deux fois auparavant, j'ai vu la mère puis le père le tirer fortement par un bras pour l'extirper d'une situation qui les stressait mais dont ils étaient responsables (transfert de leur peur ; comportement irresponsable exposant à un danger mortel).

Je trouve cette scène d'une violence physique et psychique inouies et profondément injuste. Quelle gratuité. Je sens le dégoût monter en moi. J'ai une envie de vomir, c'est extrêment violent. Cette mère passe sa colère, ses nerfs sur son fils. Depuis une heure qu'ils sont arrivés sur la plage, je sens une escalade émotionnelle en elle. Contre qui en a-t-elle réellement ? Et son mari qui laisse faire !!!

 

Je me pose alors les questions typiques : je fais semblant d'avoir vu ou j'interviens ? Je dis quoi ? Je prends la défense de qui ? Que ressent cet enfant ? Que peut-il faire ? Comment agir sans que cela retombe après sur le gosse ? Est-ce que je vais me prendre une baffe ? Qu'aimerait l'enfant ? Est-ce que je reste lâche ? Que me dit mon coeur ?

 

Je laisse mon enfant jouer à la structure de jeux et fais quelques pas vers cette famille. Le petit garçon est installé sur une couverture en plein cagnard sans chapeau. Il essaie de manger son sandwich sans hoqueter. Sa mère, son père et sa soeur sont sous un parasol à 3 mètres de lui.

Je ne me souviens plus de comment j'ai engagé la conversation avec l'enfant car cela date, mais je lui ai simplement demandé s'il n'avait pas trop chaud et soif ? Evidemment en très peu de temps la mère s'est approchée de moi furax pour m'invectiver sur le thème de "de quoi je me mêle ?" :

- "Vous vous prenez pour qui ?

- Je sens que vous êtes en colère contre moi.

- De quel droit venez-vous nous dire ce que nous avons à faire ? Elle lève un peu la main.

- Vous êtes vraiment en colère ! Je vous ai énervée quand j'ai demandé à votre petit garçon s'il avait chaud et soif ?

- Je suis sa mère et je sais m'en occuper.

- J'en suis sûre.

- Je vous demande de partir. Occupez-vous de vos enfants.

- Je vais partir. J'entends que je vous ai blessée. Mais je ne vous juge pas. Moi aussi je suis maman. Il m'arrive d'être très fâchée contre mes enfants. C'est difficile d'être maman et de toujours faire au mieux. Parfois on en a marre et on aimerait que ça s'arrête.

- Laissez-nous tranquille.

- Bon après-midi."

 

La grand-mère était revenue sur sa paillasse au début de notre échange tendu. A peine étais-je retournée à la structure ludique retrouver mon Benjamin que le climat familial commençait à changer. La grand-mère reprenait mes propos en soulignant que l'enfant pouvait attraper une insolation et invitait son petit-fils à s'asseoir à côté d'elle à l'ombre, lui proposant à boire. Puis j'ai senti la mère se détendre. Enfin une heure plus tard, le père jouait avec ses deux petits alors qu'auparavant, il faisait tapisserie.

  • Avoir nommé les sentiments de la mère l'a aidée à dégonfler son ballon émotionnel et permis une détente générale de l'atmosphère
  • Avoir pris la défense du petit par le biais de la santé (prévention) lui a permis de réintégrer le groupe sans humiliation.

 

C'est une sacrée expérience pour moi qui d'habitude n'ose pas intervenir. Or je fais partie de la collectivité et ai une part de responsabilité dans ce qui se passe (encore plus) sous mes yeux. J'espère à nouveau trouver le courage la fois prochaine.

Rock Rose : s'investir de la force du héros / Vervain : défendre une injustice tout en écoutant le point de vue d'autrui

Rock RoseVervain

 

09 juin 2012

Ah ! cette obstination propre à l'éducation / CHESTNUT BUD, WHITE CHESTNUT (Bourgeon de Marronnier, Marronnier fleurs blanches)

 

Dernièrement, une amie me débriefait une conférence traitant du sacro-saint sujet "poser des limites à son enfant". L'animateur se présentait comme chercheur en sciences humaines.

Quand nous (parents) prenons le temps et l’énergie de nous rendre à ce type de rencontre, c’est pour y trouver des informations utiles, des solutions simples, concrètes, réalisables et réalistes, agissantes (transformantes) - afin de mieux gérer ou dépasser nos diffcultés avec nos enfants.

A un couple qui a osé parler en public d'une difficulté relationnelle avec leur enfant (4 ans) – qui va jusqu’à les taper.Qui a expliqué les différentes solutions éducatives appliquées durant des mois. Et qui a fini par dire qu’ils n’en pouvaient plus car rien n'a marché ! L'animateur leur a répondu (grosso modo) de continuer dans la même voie, avec la même méthode parce que l’enfant devait se plier à l’autorité.

Ce témoignage  nourrit une réflexion que je mijote depuis des semaines. Je m’en suis donc saisi pour écrire ce post.

 

Pourquoi spécifiquement dans le domaine de l’éducation, quand l’objectif souhaité n’est pas atteint, quand un apprentissage ne s’intègre pas, nous (parents) obstinons-nous à faire et refaire et rerefaire de la même façon avec nos enfants ?

 

  • Attendons-nous un miracle ?
  • Pensons-nous nos enfant subitement idiots ? Rolling Eyes

 

Je récapépette :

  • je dis quelquechose à mon enfant pour qu'il fasse ce quelquechose
  • mon enfant ne fait pas ce quelquechose
  • je lui redis la même chose
  • mon enfant ne fait toujours pas ce quelquechose
  • je varie un peu ma version tout en restant dans les mêmes rails
  • mon enfant réagit encore de la même manière ... il ne fait pas ce quelquechose
  1. je reste étrangement surprise  
  2. je sens l'impuissance en moi  
  3. arrive une vague de colère 
  4. puis le conflit en live avec l'intéressé ... ( au pire en rêve)

 

CHANGEONS DE POINT DE VUE

Je me lance dans la conduite d'une nouvelle voiture. Après un premier essai, j'ai mal aux mollets. Sans doute mon siège est-il mal réglé ! Trop loin ou trop près des pédales ? Qu'est-ce que je fais la fois suivante ? Je laisse mon siège ainsi ou je le bouge ?

Je me lance dans la réalisation d'une nouvelle recette de gâteau. Après un premier essai, il est trop cuit. Sans doute un problème de réglage de four ou de durée de cuisson ? Qu'est-ce que je fais la fois suivante ? Je laisse le thermostat et le temps de cuisson identiques ou je change au moins un paramètre ?

Je me lance dans la coordination d'un projet. A notre première réunion, une personne est surchargée de travail et demande de l'aide pour garantir le délai. Qu'est-ce que je fais ? Je lui laisse les mêmes tâches ou je propose un changement ?

Avancer ou reculer un siège de voiture ; baisser la chaleur d'un four ou diminuer un temps de cuisson ; décharger de travail un collègue... ces modifications de paramètre sont indispensables pour espérer un changement positif.

 

Alors pourquoi ?

Pourquoi ce que nous faisons naturellement dans la vie de tous les jours dans différents domaines, nous ne le faisons pas aussi facilement avec nos enfants ? Pourquoi en situation d'échec avec eux, agissons-nous identiquement, alors que la variation d'une donnée permettrait d'atteindre plus respectueusement l'objectif ?

Qu’est-ce qui m’empêche de changer mon comportement ?

  • la fatigue
  • la paresse
  • un manque d’imagination
  • des croyances limitantes
  • le besoin de sortir une colère cumulée
  • le besoin de me plaindre
  • l’énergie demandée
  • le besoin d’affirmer un pouvoir sur l’enfant ...

 

Exemples de situations personnelles où un seul changement de paramètre a permis une réussite collective

Un de nos garçons a souvent du mal à se réveiller le matin (uniquement les jours d'école). Et parfois à se réveiller de bonne humeur Rolling Eyes. En plus de faire la larve sur son lit. Il fait la gueule. Il a le droit sauf que l'horloge tourne et que ses parents travaillant, il est dans l'obligation d'aller en classe.

Dans l'ancien temps, avec l'ancienne méthode ou quand nous redevenons incompétents, la façon de faire était : de nous énerver, d'élever la voix, de faire du chantage, de le sortir de force du lit, de le mettre en pyjama sur le palier ... etc ...rien d'agréable pour personne sans être dans l'horreur non plus.

Aujourd'hui selon notre humeur et notre disponibilité, nous avons deux variantes. Soit nous faisons un brin de causette en mode bienveillance. Soit comme jeudi matin, je mets mon nez de clown et je deviens cocotte-poulette. Dès qu'il me voit ainsi, mon gamin s'ouvre à la communication - au lieu d'être dans le refus et la résistance.

- Cocotte, je ne veux pas aller à l'école

- Oh ! tu préférerais rester ici avec Cocotte ?

- Oui et puis j'ai des nuages dans mon coeur

- Tu as le moral dans les chaussettes !

Il rit

- En ce moment même le ciel est triste. Comment pourrait-on faire pour voir le soleil ?

- On pourrait prendre l'avion !!!

- Bonne idée ! Allez monte sur le dos de Cocotte, nous allons faire un p'tit voyage en avion à la recherche du soleil. Attention au départ, le vol 349 va décoller. Attachez votre ceinture et serrez-vous fort au cou de Cocotte.

Quelques minutes plus tard, il était devant son petit-déjeuner tout sourire et me dit :

- Maman, j'ai du sunnydans mon coeur.

Et sa journée commençait bien

* * *  * * *  * * *  * * *  * * *  * * *  * * *

Le vendredi midi, j'accueille pour déjeuner un copain de classe de mon Titou. Au moment de repartir à l'école, c'était toujours la croix et la banière pour préparer la troupe. Nous passions la porte de classe à 13h30, ensuite elles fermaient !!! J'avais beau me dire, il faut les prévenir à 13h (au lieu de 13h15), je n'y arrivais pas car ce quart d'heure de moins soulignait durement mon incompétence. Quand j'ai identifié cette humeur, j'ai pu imaginer une solution pour éviter mon stress. Voici ce que j'ai fait hier ...

13h00 ! Les enfants jouent à l'étage. Je sonne à la porte d'entrée. Titou entend le carillon et descend.

- Maman, quelqu'un a sonné ! Je vais voir

- Mmmh !

il ouvre la porte et regarde

- Maman il n'y a personne Shocked

- Moi je vois petit ange. Il me dit d'approcher.

Je sors sur le palier et fais semblant d'écouter un message

- Petit Ange dit que c'est l'heure de partir à l'école

- Ah ! Il vient avec nous ?

Je me tourne vers petit ange

- Il est d'accord de se cacher dans ton cartable

- Super ! Je vais prévenir Tom.

- OK ! Si tu veux apporter un doudou pour la sieste, il reste de la place dans ton sac.

A 13h20, pour la première fois depuis le début de l'année, nous avons franchi les grilles de l'école sans aucun stress (chez moi)

 


 

Chestnut budWhite chestnut

 

 

 

 

 

 

Dans le système floral BACH, l'élixir CHESTNUT BUD (le bourgeon de marronnier) nous aide à tirer les leçons de nos expériences pour ne pas rester enfermés dans le même schéma de dysfonctionnement. Et la quintessence WHITE CHESTNUT (Marronnier à fleurs blanches) favorise notre concentration en calmant des pensées ressassantes à la recherche de solutions.

 

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07 juin 2012

Maladie à vendre (partie 4 & fin)

Maladie à vendre : partie 1

Maladie à vendre : partie 2

Maladie à vendre : partie 3

Les maladies à vendre (les inventeurs de la maladie) - Réalisateurs : Anne Georget & Mikkel Borch-Jacobson  - 55 min - ARTE Documentaire, diffusé le 8 nov 2011

 


 la science force de vente (#2)


Publicité française : Franck Leboeuf "Vous êtes jeune et vous souffrez d'un mal de dos persistant. Un vrai cauchemar quotidien. Même au repos la douleur vous enflamme. Ce mal de dos peut cacher une spondylarthrite ankylosante. Une maladie douloureuse et handicapante qui se traite bien si on la dépiste à temps. La spondylarthrite ankylosante parlez-en à votre médecin". (Voix off) : Informez-vous sur www.dosaumur.com / une initiative de la société française de rhumatologie en partenariat avec Pfizer.

Jennifer Fishman - Sociologue, McGill Université

"L'internet permet aux gens de sentir qu'ils se prennent en charge. En allant chercher toute l'information médicale possible et imaginable. Ils peuvent aller directement sur les sites des journaux médicaux. Ils peuvent trouver des tas de sites avec des données médicales où les maladies sont répertoriées, décrites. Ils peuvent échanger avec leurs amis ou sur des forums avec des gens souffrant des mêmes mots. Il y a cette idée que non seulement les gens ont ainsi plus de pouvoir mais que c'est ainsi qu'ils seront de bons patients. Qu'un bon patient doit connaître toutes ces informations avant même d'aller chez le médecin. Que vous n'allez pas voir le médecin en vous en remettant à son autorité mais qu'il y aura comme une négociation avec lui autour de votre traitement. Evidemment il y a là un piège car internet cache très bien la provenance de l'information."

Antoine Vial - Membre de la Haute Autorité de Santé (France)

"Je vous propose de faire quelque chose. Je viens d'apprendre en sortant de chez mon toubib que le mal de dos que j'ai depuis des années. Que je me traine et qui fait que le matin j'ai du mal à me réveiller, que j'ai l'impression d'être complètement rouillé, que je mets une heure à me dérouiller ... et que la douche n'y suffit pas ... et bien justement j'ai vu à la TV au moment de la Coupe du Monde de Football ce spot de Franck Leboeuf où il disait finalement "le mal de dos c'est la "spondylarthrite ankylosante" et il y a un médicament qui existe". Quand je suis rentré de chez mon toubib, j'ai été voir sur mon internet préféré. J'ai tapé le nom de cette campagne facile à retenir puisqu'elle s'appelle : "dos au mur" ! (...)

Site internet : Tony "J'ai découvert ma maladie en 2000, elle a été diagnostiquée suite à des douleurs répétées au niveau des cervicales. / Dr Emmanuelle Dernis, chef du service de rhumatologie au centre hospitalier Le Mans : "la spondylarthrite ankylosante est un rhumatisme inflammatoire qui se caractérise par des douleurs nocturnes et des dérouillages matinales essentiellement.(...)"

Si je continue d'écouter ce film, finalement je vais me dire : il me parle de mal de dos et tout ce qu'il décrit comme symptômes de façon précise ; il vient de dire le soir il est fatigué, moi aussi je suis fatigué. Le matin, il a du mal à se déverouiller, moi aussi j'ai du mal à me déverouiller ... Bref je me retrouve bien dans ce témoignage. Alors je veux en savoir plus, j'ai vu qu'il y avait un grand Docteur (...)

Site internet : Dr René-Marc Fipo - secrétaire général de la société française de rhumatologie "les sociétés savantes comme la société française de rhumatologie n'ont pas pour objectif unique de faire des travaux scientifiques dans des laboratoires qu'on appelle des travaux fondamentaux. Les sociétés savantes ont aussi pour mission de participer à toutes les actions qui conduisent à mieux connaître les maladies rhumatismales (...)

Déjà cette "société savante" ça fait sérieux. Et je vois déjà une chose qui m'étonne, c'est que je vois derrière ce monsieur qui est donc un professeur des hôpitaux publiques ; je le vois avec derrière lui en fond d'écran "Pfizer". Et c'est marrant  parce que je le vois en haut à gauche et en bas à droite. C'est drôle parce que je me rappelle avoir écouté un ami spécialiste du marketing m'expliquer que c'était les deux endroits importants dans une image à partir du moment où le centre était occupé par quelqu'un. Et donc, bon, Ce n'est peut-être pas un hasard si finalement j'ai cette image. Tout ce que va me dire finalement ce docteur c'est quoi ? Si je résume : il y a 150 000 personnes qui sont atteintes par an. Qui sont des personnes jeunes. Que c'est des signes finalement assez banals ; et d'ailleurs c'est tellement banal que lui-même ce professeur appelle ça le mal de dos. Mal de dos des jeunes, c'est le mot même qu'il utilise. Mais il me fait peur. Il me fait peur ce toubib parce qu'il me dit que mon truc ça peut être invalidant. Et pis, sérieusement invalidant. Il me fait peur mais ce qui est bien aussi c'est qu'il me dit : d'accord ça touche peu de monde, ça peut faire très mal, ça peut être très invalidant mais il y a un traitement qui existe et mais il est remboursé à 100% par la sécurité sociale.

Site internet : (...) par ailleurs aujourd'hui on dispose d'outils diagnostic avec de la radiologie moderne qui peut permettre de faire des diagnostics plus précoces. Et surtout et surtout, on dispose aujourd'hui de traitements particulièrement efficaces depuis quelques années (...)

(...) Le problème de ce médicament c'est qu'il a des effets secondaires considérables. Qu'on ne peut pas encore bien analyser parce qu'on n'a pas encore assez de recul. Mais ce qu'on suppose c'est que ce médicament a des répercussion cardio-vasculaires et probablement aussi est un facteur de cancer. Ce que j'oublie de vous dire c'est qu'il coûte 1 880 euros par traitement."

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Sandra Van Nuland - Institut Néerlandais pour un usage rationnel des médicaments

"Notre institut étudie l'industrie pharmaceutique. Comment elle fait pression. Comment elle vend les médicaments. Comment elle tente d'influencer les patients, les médecins, les gouvernements, les médias. L'objectif est de réduire cette influence pour avoir une utilisation plus rationnelle des médicaments. En collaboration avec une émission de défense des consommateurs, nous avons inventé une fausse campagne publicitaire. Nous voulions montrer comment l'industrie pharmaceutique monte des campagnes d'information sur les maladies pour vendre ses médicaments. Nous avons approché une agence d'études marketing en leur disant que nous étions mandatés par un important laboratoire pharmaceutique qui souhaitait sortir un médicament contre la flatulence ; et nous voulions une enquête pour montrer l'étendue du problème (...)

Publicité hollandaise : "Une personne sur quatre a des problèmes de flatulence. 86% de ces personnes souffrent de ballonements, crampes à l'estomac ou nausées. 75% ont des problèmes psychologiques, comme la honte ou un manque d'assurance. 76% n'ont jamais consulté pour des raisons de flatulences. Et plus de la moitié aimerait prendre un médicament.

(...) on a fait ce prospectus avec la photo d'une dame et des ballons. C'était pas mal des ballons avec l'idée du vent, la flatulence, l'air ! C'est comme ça que procède l'industrie pharmaceutique, en utlisant des patients souriants puisque leur problème est résolu. Nous sommes allés voir des médecins et ils ont tous acceptés que nous déposions ces prospectus dans leur salle d'attente. Ils ont trouvé que c'était une chouette campagne et ils n'ont posé aucune question pour savoir qui était derrière, quel laboratoire, quelle association de patients ? Rien. On a pu déposer nos posters et nos tracts sans problème. On avait aussi des témoignages de patients souffrant de flatulences. Par exemple ma fille était une fausse patiente dont les camarades se moquaient à l'école. Sa maitresse lui disait que ça n'était pas bien de péter en classe, que c'était impoli. Mais tout se finissait bien ! Le médecin donnait une pilule et le problème était réglé. Nous avons contacté des émissions de TV, des émissions d'informations et de divertissement. Et nous avons demandé s'il était possible de parler de la flatulence et la réponse a été "oui". Une série TV très populaire aux Pays-Bas ("Les bons et les mauvais jours") a même proposé pour 50 000 euros que dans un épisode l'un des principaux personnages discute avec sa femme de son grave problème de flatulences. Sa femme lui conseillerait de consulter le médecin. Il serait filmé dans la salle d'attente où l'on verrait notre poster et notre prospectus."

 


 la vie, une maladie d'avenir


Dr Jeremy Green - Historien de la médecine, Havard University (US)

"La polypilule a été annoncée dans une édition spéciale du British Medical Journal en 2003. La préface de l'éditeur stipulait que c'était sans doute là, l'article le plus important que le BMJ ait jamais publié et publierait jamais. C'est assez impressionnant quand on sait que la polypilule était complètement théorique. L'auteur de l'article suggérait que plutôt que de tester systématiquement la population pour l'hypertension, le cholestérol, le diabète, etc ... Pourquoi ne pas tout simplement donner à toute la population à partir d'un certain âge une pilule qui contiendrait de quoi soigner toutes ces maladies en même temps ? La polypilule dans sa forme théorique contenait : un diurétique, un béta-bloquant, un inhibiteur de l'ECA, de l'acide folique et de l'aspirine. L'idée était de composer en fonction des bénéfices et des effets secondaires des uns et des autres pour que tout soit bien équilibré. Et ainsi, disait l'auteur de l'article, on pourrait diminuer la mortalité par maladie cardio-vasculaire de 88%. Tout simplement en prescrivant cette pilule à toute la population de plus 50 ans. Alors que cela semble une perspective assez (?) la polypilule a généré tout de suite un grand enthousiasme. Des centaines de gens ont écrit sur le site web du journal pour dire que si une telle pilule existait, ils la prendraient immédiatement. D'autres interrogeaient pourquoi seulement une polypilule ? Pourquoi pas une pour les hommes qui contiendrait un médicament contre le cancer de la prostate ? Et une polypilule pour les femmes avec du damoxyphène pour réduire les risques de cancer du sein ?


Professeur Philippe Even, Président de l'Institut Necker (France)

"Donc la vous vous embarquez pour la durée de l'existence qui vous reste à vivre ! Vous voilà donc pendant trente ans avec un comprimé par jour pour prévenir des maladies que vous avez, l'une ou l'autre, à peu près une chance sur cent d'acquérir."


Docteur David Healy, spécialiste en psychopharmacologie (US)

"Mais que se passe-t-il ? La médecine est devenue folle ! Elle a perdu tout sens de ce qu'est un risque raisonnable ou non. Il faut se souvenir de la phrase du médecin français Pinel sur l'art de la médecine : "C'est bien de savoir donner un médicament pour traiter une maladie. Mais c'est un art plus grand encore de savoir quand il ne faut pas traiter". Et cet art nous l'avons perdu. Nous l'avons perdu parce que nous ne pouvons pas dire "non" au marché.

 

Les laboratoires pharmaceutiques Eli Lilly, Novartis, Pfizer et Sanofi-Aventis n'ont pas souhaité répondre à nos question.

FIN

Le documentaire en images ici

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03 juin 2012

Dis OUI à la vie chaque jour (Charlie Chaplin)


Un ami m'a offert ce texte, et je souhaite vous l'offrir à mon tour !



cc

Le jour où je me suis aimé pour vrai,
j'ai compris qu'en toutes circonstances,
j'étais à la bonne place,
au bon moment.
Et, alors, j'ai pu me relaxer.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour vrai,
j'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,
n'étaient rien d'autre qu'un signal lorsque je vais à l'encontre de mes convictions.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai cessé de vouloir une vie différente
et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai commencé à percevoir l'abus
dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne
ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Respect.

Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai commencé à me libérer
de tout ce qui ne m'était pas salutaire, personnes,
situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l'égoïsme.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Amour Propre.

Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps libre
et j'ai arrêté de faire de grand plans ,
j'ai abandonné les méga projets du futur.
Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime,
quand ça me plait, et à mon rythme.
Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai cessé de chercher
à toujours avoir raison et me suis rendu
compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd'hui, j'ai découvert l'Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour vrai,
j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir.
Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s'appelle Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour vrai,
j'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir ,
mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient un allié très précieux.

Charlie Chaplin
Dis OUI à la vie chaque jour

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22 mai 2012

The power of Love

Une énergie. Un rayon d'Amour. La vie sous une très belle expression !

 

C'était un soir de septembre 1994. Je suis assise dans les premiers rangs pour raison professionnelle. Je ne suis pas là pour elle mais parce que cela fait partie de mon job. J'accompagne des médias au concert. La salle est mythique, la chanteuse pas encore. Je ne la connais qu'au travers d'un titre qui vient de conquérir les charts français. Son succès a permis la réservation de l'Olympia.

Les rideaux rouges se lèvent. Je suis assise au fond de mon siège et j'attends la suite. Elle interprète "Des mots qui sonnent" avec une telle puissance que capt(ur)ée, je m'avance un peu plus sur mon strapantin. Quand elle performe "Le blues du businessman", j'ai failli tomber de mon fauteuil, cette voix, quelle qualité. Puis l'enchaînement sur "Le fils de Superman", tant d'émotions, la salle a les larmes aux yeux. Le concert se finit. Rideau. Ce show sonne comme une promesse. Je suis curieuse de la suite de sa carrière !

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C'était un vendredi soir de 1998. Je fais partie de l'équipe de production d'une maison de disques. Je m'apprête à partir quand mon téléphone sonne. Une directrice me demande de prendre contact avec Jean-Jacques Goldman au studio Mega. Il enregistre pour Céline et a urgemment besoin de contrats de musiciens. Je prends le relais. Appelle la cabine d'enregistrement. Un assistant décroche et me passe Jean-Jacques. Il me dit poser le combiné le temps que la prise de voix se termine. Je mets le haut-parleur sur mon appareil et profite de la pause pour rallumer mon ordi. C'est alors que j'entends la voix résonner jusque dans le haut-parleur pourri de mon téléphone. Même dans ces conditions d'écoute de misère, l'organe est sublime. Céline interprète. C'est si pur, si juste, si émouvant que j'arrête tout mouvement, ferme les yeux et découvre la chanson en avant première. Je n'entends rien d'autre, laisse couler quelques larmes ; silence ; puis je réponds à Jean-Jacques qui me parle. C'est si beau une voix parfaite qui reçoit un écrin pour s'exprimer, et exprime l'écrin avec autant de couleurs. Comment résister aux vibations que cela fait naître dans le corps. Je n'ai jamais oublié cet instant suspendu.

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C'était le 25 mars 1995. Elle faisait de la promotion et accueillait les médias dans une suite à l'hôtel Intercontinental. J'accompagnais le journaliste de France Info pour une interview de quelques minutes. Nous étions les derniers puis elle reprenait l'avion pour rentrer chez elle. Je fêtais pile ce jour-là mes 27 ans et elle, allait avoir le même âge d'ici 5 jours ! Je lui avais apporté un petit bouquet de violettes pour marquer le coup et la fin de son séjour parisien. Elle m'a remerciée et nous avons engagé une petite conversation chaleureuse qui s'est finie ainsi :

- "Quelle est votre date d'anniversaire ?" me demande-t-elle.

- "C'est aujourd'hui et je fête le même âge que vous !"

- "Nous sommes presque jumelles alors ?" me répond-elle avec malice

- "Sauf que moi, je suis l'opposée de vous : je fume, je bois, je chante comme une casserole et je n'ai toujours pas trouvé mon amoureux !" (elle vient de se marier et a une très bellllllllllllllllle bague au doigt)

Elle m'a pris les mains et répondu avec un brin d'humour, d'accent québecois et beaucoup d'empathie :

-"T'inquiète pas Marion, la roue tourne".

Et ça, c'est tout elle.

On a fini dans un fou rire !!!

Et ça, c'est tout elle !

 

Merci Céline de me donner tes parcelles de joie, d'énergie et d'amour à chaque fois que j'écoute tes chansons ou que je te vois en vidéo. Tu es la générosité du coeur et de l'âme en personne. Tu es une sacrée bulle d'oxygène et un super carburant pour me booster dans ma vie.

pour le fun : http://www.dailymotion.com/video/x1dnjy_celine-dion-all-by-myself_news

Take Care Big woman and Big Mother ;-)

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12 mai 2012

Démonstration réussie mais quelle nulle !!! / Rescue (Remède de secours)

 

Vendredi en 8, à midi, mon aîné et son copain jouent dans le jardin pendant que je prépare le repas.

- Maman ! Y a une souris dans le jardin.

Heu, je feins la stratégie j'entends pas.

- Mamannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! Y a une souris dans le jardin.

OK ! le quartier étant au courant, je refais surface :

- Ah bon ! Elle est où ? répondis-je en gardant mes distances.

- Elle est là, sous la balançoire. Elle est trop mignonne maman, viens la voir. Mais je crois qu'elle ne va pas bien.

- Elle bouge ?

- Oui mais elle est sur le côté. Oh maman, viens la voir, la pauvre.

- HUM HUM HUM

 


 

J'imagine la fleur Rock Rose dans ma tête et quelques secondes plus tard, aussi courageuse que Wonder Woman, je rejoins mon fils au fond du jardin.

 

1Effectivement, la petite bête semble à l'agonie. Elle git sur un flanc. Fait des tentatives malheureuses pour se remettre à 4 pattes. Elle a du sable sur le corps. Je me dis qu'elle s'est peut-être fait attraper par un chat dont elle a pu se libérer, mais le choc et le soleil (30°) la perturbent.

- Bon. Commençons par lui donner du RESCUE pour qu'elle se remette d'aplomb et mettons-là à l'abri du soleil. C'est bizarre, pensais-je en découvrant ses yeux voilés, un peu gris. Elle doit être bien vieille car elle ne semble pas bien voir.

 

Je vais chercher des gants en latex et un chiffon ; je dilue 4 gouttes de RESCUE dans de l'eau, dans une coupelle ; mon grand prend sa boite à chaussures préférée et du fromage. Nous voilà repartis au fond du jardin. Mimi notre souris n'a pas bougé et se laisse même faire quand je m'en saisis doucement. Je la pose dans son nouveau nid et nous plaçons la boite à l'ombre sur un coffre à jouets. A l'aide d'une allumette, je dépose quelques gouttes d'eau RESCUTEE sur son museau puis nous la laissons tranquille, et partons manger à cinq mètres de là. Dix minutes plus tard, Titou file regarder ce qu'elle devient.

2   2b

- Elle a mangé du fromage maman. Je vois la trace de ses petites dents !

Bon notre plan fonctionne, elle se retape.

 

 

10 minutes plus tard, que vois-je dans mon champs de vision :

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Oh la, mais Mademoiselle est suffisamment gaillarde pour repartir à l'aventure. Nous courrons la rejoindre et je saisis la boite en prévention d'une chute d'un mètre. N'ayant pas le temps de l'apporter dans un grand espace de verdure, notre équipe repart vers la balançoire pour la lâcher là où nous l'avions trouvée.

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Elle se laisse glisser sur le sol, avance un peu sur l'herbe puis, en terrain connu, se faufile dessous. Nous lui disons au revoir et allons finir notre glace au chocolat qui se transforme en flaque !

 


Le soir-même, fiers de notre sauvetage grâce à RESCUE et à nos bons soins, nous racontons l'histoire à zhom. A la fin il me dit :

- Tu es sûre que c'était une souris ?

- Ben oui, je crois.

- Ce ne serait pas plutôt la taupe qui nous ravage le jardin depuis un mois ?

- Ah ça non. Elle ne ressemble pas à une taupe. Mais j'ai fait des photos, tu veux la voir notre souris ?

- Montre-moi.

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ARGH !!! C'est pas vrai, en fait il s'agit d'une souris-taupe. Mon père m'a parlé de cette espèce. C'est pire que la taupe. Elle te met le jardin en vrac et tu ne peux pas lutter !!!

- C'est ELLE qui transforme notre carré de verdure en terrain de golf ?

- Oui.

Je préfère me taire

- Je crois que tu as raison car ses yeux laiteux m'ont fait penser qu'elle était aveugle. C'est sûr, si elle vit sous terre !!! Et puis je comprends mieux ses grains de sable sur le dos, elle devait être sortie de son tunnel.

Silence de mort

- Vous lui avez sauvée la vie ! Et en plus tu l'as relâchée ! ARGH !!! Et pourquoi t'as pris des photos ?

- Pour montrer qu'on peut aussi donner RESCUE aux animaux pour les retaper d'un mauvais coup.

- Ben c'est réussi ton expérience, nous voilà à nouveau dans la mouise.

On en rigole, que faire d'autre ?

 


J + 10

Rescue dropsJe scrute notre terrain et toujours pas de nouveau trou !

Qué passa ?

Souris-taupe se serait-elle mourrue ?

Ou aurait-elle changé de jardin pour nous remercier de lui avoir donné une deuxième chance. Je penche plutôt pour cette option car il m'arrive régulièrement de ranimer au RESCUE (dilué dans de l'eau) des oiseaux qui se tanquent dans nos vitres et l'un d'entre eux est longtemps venu chanter juste sous nos fenêtres.

 


Je profite de ce post pour faire de la pub à cette hisoire de petite taupe hilarante

taupe

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11 mai 2012

Non pas la main / Holly (Houx)

- je veux pas. Non pas la main !

 


Nous sommes en promenade avec zhom et les zenfants. L'aîné fait du vélo et Benjamin de la draisienne. Ils sont devant à fond la vitesse et nous attendent régulièrement. Nous marchons tranquillou main dans la main. Brusquement, lors d'une halte, Benjamin pose sa machine à terre et s'avance vers nous d'un air contrarié. Arrivé à notre hauteur, il lève ses petits bras et tente de séparer notre douce poignée. Il accompagne son geste vif et nerveux d'un :

- "Non pas la main. Je ne veux pas. Pas la main".

Déroutés par son attitude inhabituelle et amusés par sa gestion du malaise, nous commençons à rire.

- "C'est pas drôle", continue Benjamin qui devient un peu plus furax !

Tu n'aimes pas quand papa et maman se tiennent la main ?

- "Je suis malade".

Ah ! Tu as mal où ?

- "Au ventre" et il joint le geste à la parole.

Oh ! Je connais ce sentiment difficile, il s'appelle la jalousie. Quand maman donne la main à papa, tu penses qu'elle ne t'aime plus ?

- "Oui"

Je vois. S'ensuit un échange sur les sentiments de tout le monde à l'égard de tout le monde. Heureusement nous ne sommes pas 10 dans la famille !

 (articles sur le lien "ventre-émotions" : Ah ! c'est comme ça que ça marche ! / Le cerveau émotionnel)

 

Holly

Le Houx est une fleur qui ré-ouvre notre coeur aux bons sentiments quand on ne ressent plus que les épines de la plante. La personne peut souffrir beaucoup intérieurement alors qu'il n'y a pas de réelle raison à son chagrin. Elle est très utilisée pour les enfants : colère rouge - enragée - violente, jalousie, méchanceté, morsure, pincement, tyrannie ... quand ils se transforment en buisson agressif, violent ou envieux pour mieux marquer leur territoire ... Ils ont mal intérieurement et ils font mal extérieurement. Cet élixir ravive la générosité de notre coeur.

 

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01 mai 2012

Maladie à vendre (partie 3)

Maladie à vendre : partie 1

Maladie à vendre : partie 2

Les maladies à vendre (les inventeurs de la maladie) - Réalisateurs : Anne Georget & Mikkel Borch-Jacobson  - 55 min - ARTE Documentaire, diffusé le 8 nov 2011

 


 la maladie s'exporte


Séquence TV japonaise : (titre) La vie change lorsque la dépression est traitée. (présentatrice) "Ce qu'on appelle la dépression, c'est en quelque sorte le rhume de l'âme. Elle peut toucher n'importe qui. Mais on peut en guérir. En cas de dépression, il existe un excellent médicament antidépresseur. Un antidépresseur qui a fait ses preuves. Selon un étude américaine, cet antidépresseur est efficace dans 65% des cas.

Kalman Applbaum - Anthropologue du Marketing, Université du Winsconsin (US)

"Ce que nous avons vu au Japon, c'est ce qu'on appelle un mega projet marketing. C'est à dire qu'on n'essaie pas de changer les esprits par rapport à un produit, mais on tente de changer l'environnement dans lequel on veut placer le produit."

Publicité japonaise : "Depuis quand. C'est peut-être un dépression. Depuis combien de temps souffrez-vous ? Depuis combien de temps êtes-vous déprimé ? Vous êtes déprimé depuis un mois. Si c'est le cas consultez votre médecin. Surtout, ne restez pas déprimé plus longtemps."

"Les psychiatres japonais considéraient la dépression comme une maladie rare au Japon. Ils ne la diagnostiquaient pas souvent. L'industrie pharmaceutique a fait un lobbying très moralisateur auprès du gouvernement pour lui prouver que les patients japonais n'étaient pas bien traités. Ensuite elle a mis sur pied une campagne afin de réduire le sentiment de honte qu'un Japonais peut ressentir s'il est triste, déprimé ou si quelque chose ne va pas et le ferait rester chez lui sans consulter un médecin. Cette campagne avait pour but de normaliser cette maladie mentale. Il y eut beaucoup d'interviews de personnalités, de vedettes de la télé, des articles dans la presse pour familiariser le public avec l'idée de la dépression. Le mot même de dépression en japonais outsoubio qui signifiait "dépression majeure" a été changé par une grande campagne de communication. Lorsque les Japonais entendaient ce mot "dépression" (outsoubio) cela évoquait quelque chose de très grave, quelqu'un d'hospitalisé. La notion a été changée pour celle de koukourou noukazé ce qui signifie un "rhume du coeur" ou un "rhume de l'âme".

 

Reinhard Angelmar - Professeur de Marketing, INSEAD

Cette terminologie signifiait plusieurs choses : d'abord attraper un rhume, c'est assez courant. Cela ne fait pas de vous un de ces cinglés bons à enfermer. C'est un rhume. Beaucoup de gens ont un rhume. Et donc ce n'est pas si grave. Ensuite les Japonais sont de grands consommateurs d'antibiotiques, et donc un rhume cela signifiait que c'était guérissable par un médicament. Et bien sûr l'âme c'est très poétique. Cela résonne bien avec la culture japonaise. Tout cela a vraiment changé la perception des Japonais et créé le concept de dépression mineure que le généraliste pouvait désormais traiter. Et que le gouvernement a même reconnu. Jusque-là il ne voulait pas entendre parler de cette poignée de déprimés. Mais là le gouvernement a compris que la dépression pourrait contrecarrer la productivité des travailleurs japonais. Du coup cela prenait tout son sens de traiter la dépression".

Publicité japonaise (suite): Mon corps était engourdi. Tellement engourdi que je voulais dormir et que je n'y arrivais pas. Puis je n'ai plus eu envie de rien. J'ignorais que j'étais en dépression. J'étais désemparé et de plus en plus déprimé. Seul un médecin peut aider à s'en sortir.

" Un élément important a été lorsque la Cour Impériale a reconnu que la Princesse souffrait aussi de dépression et qu'elle était soignée pour cela. On ne pouvait rêver d'une meilleure notoriété pour la cause, à part l'Empereur lui-même évidemment ! C'était fabuleux !"

Kalman Applbaum - Anthropologue du Marketing, Université du Winsconsin (US)

"Ca commence toujours comme ça. L'industrie dit : "Laissez-moi faire cela pour vous. Laissez-moi mettre sur pied cette campagne anti-stigmatisation, ces essais cliniques. Laissez-moi faire pression sur le gouvernement". Et les psychiatres japonais, en particuliers ceux payés par l'industrie bien sûr, pensent qu'ils font ce qui est juste. Mais à un moment donné, les intérêts divergent. D'un point de vue commercial et c'est vrai dans tous les domaines, les industriels ne s'arrêteront pas avant que chacun (homme, femme, enfant) consomme leurs médicaments. Les psychiatres évidemment veulent descendre du train avant d'en arriver là. Mais une fois le train lancé, il est très difficile à arrêter".

 


 la science, force de vente


Professeur Philippe Even, Président de l'Institut Necker (France)

"N'oubliez pas ce que c'est le marketing à l'échelon des médecins qui prescrivent. N'oubliez jamais ça. C'est 10 visites par semaine. C'est une heure, quelquefois deux heures par semaine avec des gens qui viennent vous ressasser les mêmes choses. C'est les journaux, qu'on appelle "médicaux", qui sont la propriété de l'industrie pharmaceutique qui répètent les mêmes choses. C'est les leaders d'opinions comme on dit qui sont des (grands) professeurs de médecine qui prennent le porte-voix et qui circulent d'amphithéâtre en amphithéâtre pour vanter les succès spectaculaires ou remarquables de tel ou tel truc moyennant finances bien entendu. Difficile de résister !"

 

Kalman Applbaum - Anthropologue du Marketing, Université du Winsconsin (US)

"Sur de document, on voit les acteurs clé du marché des médicaments antipsychotiques aux Etats-Unis. Il y a les instances de contrôle, les payeurs, les acteurs sociaux et médicaux, les fabricants et tous sont liés entre eux. Autour des patients, il y a les amis, les collègues, la religion, les groupes de patients. De même autour des commissions de contrôle, il y a les législateurs, les médias, etc ... Tous ces acteurs clé sont étudiés pour qu'ils participent au succès du médicament. Le secret du succès réside dans la science. Comment produire les éléments scientifiques qui vont convaincre tous ces gens que c'est le meilleur, le seul traitement pour telle ou telle maladie."

 

Docteur John Abramson, expert auprès des tribunaux (US)

"85% des essais cliniques, et même 97% des essais cliniques les plus importants sont financés par l'industrie pharmaceutique. Or on a montré qu'il y a 5 fois plus de chance pour qu'un essai financé par le privé conclut à l'efficacité du médicament, qu'une étude financée par la recherche publique pour le même médicament. C'est pas mal comme ratio ! On a tendance à penser que les études scientifiques sont objectives et non pas biaisées. Mais la nature du système fait que les firmes pharmaceutiques conçoivent elles-mêmes les essais cliniques pour aider à la vente de leurs médicaments. El les firmes ont la main mise sur les données cliniques exactement comme Coca Cola possède la recette du Coca."

 

Docteur David Healy, spécialiste en psychopharmacologie (US)

"Là où l'industrie pharmaceutique est particulièrement efficace, c'est dans le contrôle. Dans sa capacité à coopter des médecins qui n'ont aucun lien avec elle. Des médecins qui n'ont jamais touché un centime de sa part. Qui pensent même être assez hostiles à l'industrie pharmaceutique et qui proclament : "Nous nous déterminons sur des bases scientifiques. Nous voulons voir la preuve scientifique pour avoir un avis. Nous ne décidons pas parce que nous sommes payés par l'industrie, ni parce qu'on nous invite à des congrés. Mais parce qu'on a une preuve." Le problème majeur, c'est que par rapport aux années 60 aujourd'hui l'industrie a le contrôle de cette preuve scientifique. L'industrie dirige les essais cliniques. Tous les essais."

 

Docteur John Abramson, expert auprès des tribunaux (US)

"Quand j'étais à l'université en 1980/82, nous passions des heures à disséquer des essais cliniques. A chercher les erreurs méthodologiques et l'on trouvait des problèmes. Mais je ne peux me souvenir d'une seule fois où il nous serait venu à l'idée que le problème était lié à des enjeux commerciaux. Bien sûr la science est imparfaite mais nos professeurs n'avaient aucun lien avec l'industrie pharmaceutique. C'était du jamais vu, c'était insensé. Aujourd'hui on voit bien que les articles sont truffés d'erreurs et si on pouvait mettre des lunettes de vérité, on verrait les grands professeurs marcher dans les couloirs des hôpitaux habillés comme des pilotes de Formule 1. Sur leur blouse blanche il n'y aurait pas écrit "Benzoïl" et "Mobil" - il y aurait "Merk, Pfizer, etc ..." parce qu'ils sont financés par l'industrie".

 

A suivre : la science force de vente # 2 ; la vie, une maladie d'avenir

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30 avril 2012

Maladie à vendre (partie 2)

Maladie à vendre : partie 1

Les maladies à vendre (les inventeurs de la maladie) - Réalisateurs : Anne Georget & Mikkel Borch-Jacobson  - 55 min - ARTE Documentaire, diffusé le 8 nov 2011

 


 les maladies à vendre


Publicité américaine avec Bob Dole : "Le courage : une qualité partagée par de nombreux Américains. Par ceux qui risquent leur vie, ceux qui combattent la maladie. A la nouvelle de mon cancer de la prostate, c'est d'abord le cancer qui m'a préoccupé. Ensuite, j'ai pensé aux troubles post-opératoires. Comme la dysfonction érectile, synonyme d'impuissance. C'est un sujet délicat, mais essentiel pour des milliers de couples."

Reinhard Angelmar - Professeur de Marketing, INSEAD

"Bob Dole a perdu l'élection présidentielle américaine contre Clinton. Clinton non seulement était Président mais il n'avait sans doute pas besoin du médicament. Dole lui avait besoin d'argent pour rembourser sa campagne. Il est devenu le porte-parole de cette campagne d'informations sur cette maladie, puis le porte-parole du VIAGRA. C'était très important à cause de la stigmatisation. Il fallait vraiment quelqu'un de très respecté, de très conservateur. Vous ne pouvez pas choisir un hippie ou une vieille star du rock pour parler de la dysfonction érectile. Si vous voulez pénetrez le marché de l'Amérique moyenne, il faut un conservateur car ils sont plus nombreux que les hippies. C'était la personne idéale, sénateur, venant du sud, ancien combattant, très respecté, parfait pour parler de la dysfonction érectile. Ca a vraiment convaincu beaucoup de gens qui se sont dits, si Bob Dole a le courage d'en parler, moi aussi je peux."

Publicité allemande : "J'aime ma femme. Parce qu'au scrabble, elle trouve des mots improbables. Qu'elle me parle de football pour m'impressionner. Et qu'elle minimise mes problèmes d'érection. Je ne veux pas la perdre. Donc, je consulte mon médecin."

 

Docteur David Healy, spécialiste en psychopharmacologie (EU ?)

"Avec un médicament comme le VIAGRA, l'industrie a réussi à nous convaincre que la moindre variation de rigidité de la verge, si elle n'est pas de 100% en toutes circonstances, constitue une dysfonction, une maladie qui requiert un traitement. Avant il y avait un certain nombre d'hommes âgés qui avaient d'autres pathologies avec pour conséquences d'être impuissants, mais cela représentait un marché bien trop étroit pour un médicament comme le VIAGRA. Aujourd'hui on pousse les adolescents à croire que si les choses ne sont pas parfaites à chaque fois, c'est qu'ils sont malades et que le médicament est la réponse à leur problème.

Publicité française : "Peut-être que c'est la fatigue ? Peut-être que c'est à cause du chien qui regarde ? Peut-être que c'est le film qui a coupé mon élan ? Peut-être que j'ai trop mangé ? Peut-être que c'est à cause de la crise ? Et si cela n'avait rien à voir ? Ne cherchez plus d'excuses, la majorité des patients qui souffrent de problèmes d'érection peuvent être traités. Vous aussi."

 

Michael Oldani, ancien représentant Pfizer, Anthropologue

"En ouvrant le journal à la page des sports la semaine dernière, j'ai vu une pleine page de pub pour CIALIS, un médicament contre la dysfonction érectile comme le VIAGRA. Une autre manière d'élargir le marché c'est de prendre un médicament dont l'usage est occasionnel ou même régulier comme un médicament contre la dysfonction érectile. Quand un homme souhaite avoir un rapport sexuel, il pense à prendre son VIAGRA ou son CIALIS, on peut le comprendre. Mais dans cette pub, deux choses ont attiré mon attention. D'abord il y avait un coupon qui disait "découpez cette pub et apportez-la à votre médecin pour un essai gratuit". Je me suis dit voila du bon marketing, impliquer le patient dans la gestion de ses troubles. Mais surtout la pub disait "prenez CIALIS tous les jours pour être prêt". Jouant sur ce stéréotype très masculin "il faut toujours être prêt ; allez ! on ne sait jamais ! vous feriez mieux alors d'avoir pris votre CIALIS ! Brillant marketing, c'est devenu un médicament de chaque jour.

 


Publicité québecoise : "On dit que ça prend souvent un paresseux. Qui baisse facilement les bras. Un faible. Quelqu'un qui manque d'ambitions. un irresponsable. Un perdant. Ou quelqu'un qui manque de courage pour faire une dépression. La dépression est une maladie, personne n'est à l'abris. (Mettons fon aux préjugés).

Edward Shorter, Historien de la Médecine, Université de Toronto (Canada)

"Un bon exemple de marketing d'une maladie, c'est celui de la dépression. Dans les années 60-70, l'anxiété était un diagnostic très répandu. La famille de médicaments pour traiter ces troubles était les benzodiapezines comme l'ibrium et le valium, et tous ces médicaments qu'on appelle les anxiolytiques. Le marketing des benzodiapezines allait de pair avec le marketing de l'anxiété. Les généralistes étaient encouragés à diagnostiquer des troubles de l'anxiété, quand ils voyaient des patients aux bords des larmes, fatigués mais aussi nerveux et anxieux. On leur disait, vous avez un trouble de l'anxiété, on va vous prescrire du VALIUM. Mais dans les années 80, on a réalisé que cette classe de médicaments rendait les patients accrocs. Médecins et malades sont partis en courant : "Oh mon dieu ! on ne va pas donner des médicaments qui rendent les gens dépendants !" Et la voie était alors libre pour que la dépression entre en piste !

 

Publicité américaine : "Vous êtes triste, fatigué, desespéré et anxieux. Quoi que vous fassiez, vous vous sentez seul et n'avez plus goût à rien. Rien n'est plus comme avant. Ce sont des symptômes de la dépression. Une maladie qui touche plus de 20 millions d'Américains."

Docteur David Healy, spécialiste en psychopharmacologie (EU ?)

"Ca a permis à l'industrie pharmaceutique de convaincre les patients qu'en fait ils n'étaient pas anxieux. Que derrière ce qu'ils pensaient être leur anxiété, il y avait une maladie. Ils étaient déprimés. Et d'expliquer que cette maladie était causée par un déséquilibre de la sérotonine mais que les médicaments étaient comme des vitamines et qu'ils allaient remonter le niveau de sérotonine."

Publicité américaine (suite) : "La dépression peut résulter d'un déséquilibre chimique dans les cellules du cerveau. Pourquoi vous sentir mal plus longtemps ? Seul votre médecin peut diagniostiquer la dépression.

 

Jerome Wakefield, Ecole de Médecine, New York Université (US)

"Tout le monde peut en reconnaître les symptômes. La dépression est diagnostiquée quand on a au moins 5 symptômes sur une liste de 9 pendant une période d'au moins deux semaines. Ces symptômes sont par exemples : la tristesse, la perte de plaisir, la perte d'appétit, de concentration dans les tâches habituelles et bien sûr des pensées morbides, des ralentissements des mouvements et ainsi de suite ... Comme vous pouvez le constater, bien des gens peuvent avoir ces symptômes de tristesse, de perte d'appétit, de fatigue, etc ... pendant plus de deux semaines après toutes sortes de stress. Le problème c'est que ces critères ne sont pas uniquement utilisés par des spécialistes qui sauraient faire la différence entre une réaction normale à une perte (perte d'emploi, de proche, une trahison, etc ...) et une véritable maladie mentale. En tous cas, certains sauraient. Mais le problème c'est que ces critères sont devenus tellement déifiés dans la culture médicale, qu'ils sont devenus la définition même d'un désordre mental."

Publicité américaine : "La dépression est un état émotionnel. Tristesse, manque d'intérêt. Mais c'est aussi physique. Douleurs, fatigue ..."

"5 symptômes sur 9, c'est assez arbitraire. Peut-être que des gens qui ont moins de 5 symptômes peuvent avoir tout de même une dépression ? Dans les questionnaires chez les médecins il est d'ailleurs dit que si vous avez moins de 5 symptômes, vous pouvez tout de même être considéré comme ayant une dépression mineure. Vous voyez comment à partir de cette liste de symptômes, on vous embarque dans une direction où pratiquement tout épisode de tristesse, du à un événement difficile devient une maladie traitée quasiment automatiquement avec un médicament.

Publicité française : "Il existe une maladie qui touche aujourd'hui plus de 3 millions de personnes en France. Une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin ..."


Docteur David Healy, spécialiste en psychopharmacologie (EU ?)

"A la fin de années 90, la famille d'anti-dépresseurs appelée inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine est arrivée en bout de brevet. L'industrie pharmaceutique avait donc un problème. Elle aurait pu inventer une nouvelle classe de médicaments plus efficaces et dire aux médecins : "Les patients que vous traitez pour dépression, sont bien déprimés. Mais nous avons maintenant un nouveau médicament plus efficace". Le problème, c'est que l'industrie pharmaceutique n'avait pas de médicament plus efficace. La stratégie a donc été de reproduire ce qu'elle avait fait 20 ans auparavant quand elle avait transformé les patients anxieux en patients déprimés. Cette fois, elle a convaincu les patients déprimés qu'ils étaient en fait bipolaires.

Publicité américaine : "Être bipolaire peut nuire à votre carrière et à vos relations. Pendant des années, j'ai eu des changements d'humeur, des pensées incohérentes et j'étais très irritable.

"Quand un patient maniaco-dépressif est en phase maniaque, cela signifie qu'il reste des mois à l'hôpital. De même, quand il est en phase dépressive, c'est un trouble très sévère qui peut conduire au suicide, et les gens sont hospitalisés pendant des mois. Du point de vue de l'industrie pharmaceutique, changer l'appellation manacio-dépression en troubles bipolaires, signifie qu'elle peut cibler les variations d'humeurs normales que nous avons tous."

Publicité américaine : "Être bipolaire c'est être maniaco-dépressif. Le savoir aide à comprendre son état, mais ne le rend pas plus facile à vivre. On est si exalté, si abattu ..."

"Le trouble bipolaire 1 comme on l'appelle maintenant, correspond à la maniaco-dépression classique. Mais l'industrie a réussi à mettre en avant des recherches qui suggèrent qu'il existe aussi un trouble bipolaire 2, bipolaire 3, bipolaire 4 et un spectre bipolaire. Ces différents termes recouvrent une définition de plus en plus allégée de la maladie, au point d'inclure les variations d'humeurs que l'on peut avoir au cours d'une journée. Il peut arriver que le lundi matin comme beaucoup d'entre nous, vous vous sentiez d'humeur maussade. Cela va s'arranger au fil de la journée. Mais si vous tenez un carnet d'humeurs comme l'industrie recommande de le faire, vous allez dessiner une courbe dans votre carnet. Et vous êtes conduit à penser, tout comme votre docteur, qu'une courbe comme cela même au cours d'une même journée est la première indication d'un trouble bipolaire. Et bien sûr Docteur, il faut traiter au plus tôt la maladie avant qu'elle ne devienne plus sévère et presque impossible à guérir."

 

Jerome Wakefield, Ecole de Médecine, New York Université (US)

"Il y a une énorme pression aujourd'hui compte tenu de la définition de ces maladies et de la facilité à distribuer des médicaments pour les traiter. Une pression pour que les gens fonctionnent socialement à tout moment au maximum de leurs possibilités. Et si ce n'est pas le cas, s'ils sont entravés dans leur rôle comme disent les psychiatres, alors c'est qu'il y a un problème et qu'il faut tout de suite le traiter avec un médicament. Cela peut se discuter mais il me semble que dans le monde que nous construisons pour nos petits-enfants et arrières-petits enfants, il n'y aura plus la possibilité d'exprimer toutes les émotions humaines".

 

Partie 3 : la maladie s'exporte

 

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