Ma première rencontre avec l'éducation non violente a commencé par une claque !

Et depuis, je vais de mieux en mieux merci.

Mes enfants aussi d'ailleurs, ils en redemandent.

 

Bon alors quoi ???

 

Le mercredi est une grosse journée pour moi. Je suis seule avec deux jeunes enfants de 4 ans et 2 ans. Ils ont des besoins permanents et me sollicitent souvent pour aller au bout de leur désir. J'ai donc peu, voire pas, de temps pour souffler, sachant que mon aîné ne fait plus la sieste. En clair, à partir de l'heure du goûter, mon humeur est comment dire ... 

 

Un-de-ces-jours-là, mon grand s'étala de tout son long sur la table pour attraper un gâteau. Son mouvement poussa un verre en plastique qui tomba et mit du jus de fruit partout.

-"Non mais c'est pas vrai ! Tu ne pouvais pas faire attention ! T'es vraiment maladroit ! Allez file dans ta chambre, je ne veux plus te voir ! Ca m'énerve ça, en plus je viens juste de nettoyer. A cause de toi, faut tout recommencer blabla blabla" 

Voilà la réplique que j'aurais pu dégainer sans gêne, mais c'est une autre qui me vint spontanément à l'esprit (formatée par une bonne claque à empreinte indélébile) ::

 

- "Bon, je vois du jus un peu partout. Sur le sol, la chaise, le mur et le frigo. Titou comment enlever tout ça ?"

- "Il faut une éponge maman".

- "C'est une bonne idée. Tu sais où il y en a ?"

- "Je m'en occupe".

Trois minutes après le tour était joué alors je lui dis ::

- "Je constate que la cuisine est à nouveau propre. Tu sais drôlement bien nettoyer Titou".

Mon gamin est fier. Moi aussi, je lui ai appris à réparer le problème en mode autonomie. Tout s'est passé dans le calme. Si c'est pas de l'éducation çà alors c'est quoi ?

 

Je n'ai rien inventé. J'ai seulement appliqué des solutions, des outils provenant d'une méthode de communication efficace. Je suis loin d'être une pro mais quand je vois les changements positifs, je fais le max pour ne pas revenir en arrière ... à l'éducation de mes parents ... de mes grands-parents ... de mes arrières-grands-parents ...

 

Comme je l'écrivais dans ce post LA, l'entrée dans le temps de l'éducation pour mon aîné m'a légèrement destabilisée. Je ne pensais pas que ce moment arriverait si vite. Je ne soupçonnais pas que notre vécu des 18 premiers mois serait incompatible avec les idées éducatives que son père et moi imaginions être normales (issues de nos cultures familiales). Je n'imaginais pas qu'il me faudrait faire une sacrée révolution intérieure pour trouver une nouvelle voie d'accompagnement.

C'est en croisant la route de l'association Simplement Parents et en participant à leur forum que j'ai entendu parlé d'ENV. Des ateliers Faber & Mazlish sont proposés pour enseigner aux parents cette méthode géniale de communication avec ses enfants. Adele Faber et Elaine Mazlish sont des mamans canadiennes qui ont participé à des rencontres parentales animées par le psychologue Haim Ginott. Après 10 années de participation au groupe de guidance, elles ont décidé de transmettre leurs connaissances autour d'elles. Cette approche relationnelle me plait car elle nous élève, parents et enfants vers le meilleur de nous-même. A chaque acte quotidien réalisé selon cette pratique, je me sens grandir et je vois mes petits + sûrs, + confiants, + autonomes. Ces femmes ont écrit un livre qui raconte leur propre expérience puis des livres pratiques :

  • Parents épanouis, enfants épanouis
  • Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent
  • Jalousies et rivalités entre frères et soeurs
  • Parler pour que les enfants apprennent, à la maison et à l'école


Ma première rencontre avec l'éducation non violente a commencé par une claque !

A la lecture des pages 26 et 27 de ce livre :

faber

Dr Haim Ginott :"J'aime aussi les mots qui décrivent, parce qu'ils invitent l'enfant à trouver ses propres solutions à un problème. Voici un exemple. Si un enfant renverse un verre de lait, je lui dis : "Je vois du lait renversé" et je lui tends une éponge. De cette façon j'évite le blâme et je mets l'accent là où il va : sur ce qu'il y a à faire. Si je disais plutôt : "Idiot ! Tu renverses toujours tout. Tu n'apprendras donc jamais ?" On peut être certain que toute l'énergie de l'enfant sera mobilisée pour sa défense plutôt que pour la recherche d'une solution. On entendrait : "Robert m'a poussé la main !" ou bien : "C'est pas moi, c'est le chien."

A ce moment-là, Mme Duguay a levé la main, elle qui se prononce sur à peu près tout dans notre communauté. "Docteur Ginott, ce que vous venez de dire est vraiment intéressant. Mais j'ai toujours senti que ce qu'on dit à un enfant n'est pas tellement important, pourvu qu'il sache qu'on l'aime. S'il sent qu'on l'aime vraiment, je crois qu'on peut lui dire à peu près n'importe quoi. Je veux dire, n'est-ce pas l'amour qui compte vraiment, en fin de compte ?"

Ginott écoutait pensivement. "Selon vous, pourvu que l'amour soit présent, les mots en eux-mêmes ne sont pas importants. J'ai une autre opinion. Supposons que vous êtes à une réception et que vous renversez votre verre par accident. Je présume que vous ne resteriez pas indifférente si votre mari vous disait affectueusement : "Maladroite ! Je vois que ça t'est encore arrivé. Quand on donnera des prix pour la démolition de maisons, tu gagneras sûrement le premier prix".

Mme Duguay a souri mal à l'aise.

"Je pense au contraire que vous aimeriez mieux vous faire dire par votre mari : "Ma chérie je vois que ton verre est renversé. Est-ce que je peux t'être utile ? Voici mon mouchoir."


Moi : "C'est si évident, pourquoi ne pas agir naturellement ainsi ? Pourquoi HUMILIER au lieu d'AIMER ?"