Depuis que Benjamin est réveillé il chouine. Rien ne va et rien ne va. 2h que ça dure !!! Si je regarde devant : encore 8h en solo avec les petits. Et si je regarde derrière : presque 21 jours que je suis garde-malade à la maison. L'addition de tout ça = je suis un peu à fleur de peau. Vidée. Une ambiance plus  faciliterait grandement le bon déroulement de notre journée.

Une nouvelle râlerie de mon fils nourrit ma colère ruminée et voilà qu'elle grossit, qu'elle grossit, qu'elle grossit jusqu'à se déverser :

- "Benjamin, j'en ai assez. Depuis que tu es réveillé, je n'entends que des plaintes. Je ne supporte plus ce comportement. Je me sens devenir méchante. Je vais descendre à la cuisine pour me calmer. Quand nous irons mieux, nous jouerons ensemble."

 

Je le laisse dans sa chambre avec son frère. Il pleure à chaudes larmes. Ca me fend le coeur mais stressée, je préfère que nous trouvions nos solutions par nos propres ressources. Envahie par mes émotions , impossible d'être présentement à l'écoute des siennes. Je m'investis dans mes tâches ménagères et dix minutes plus tard tends l'oreille. Rien. Pas un bruit. Que se passe-t-il à l'étage ? Je monte doucement l'escalier, entrebaille la porte de leur chambre et découvre les enfants.

Benjamin (2 ans) est assis sur son lit. Son frère à ses côtés. Des livres étalés autour d'eux. Titou (4 ans) raconte une histoire à son petit frère. Il y met tout son coeur et le petit écoute attentivement. Je referme la porte émue. Quitte mes préoccupations pour revenir à mes occupations.

 

Seule dans l'après-midi avec Titou, j'en profite pour en savoir plus :

- "Comment as-tu fait ce matin pour calmer Benjamin ?"

- "Je l'ai entendu pleuré. J'ai pensé qu'il voulait une histoire. Alors je suis allé sur son lit. Nous avons choisi des histoires et je les ai racontées. Il a arrêté de pleurer. Tu vois maman il avait envie de ça."

- "Je suis heureuse de voir que tu sais t'occuper de ton frère quand il ne va pas bien. Je trouve que tu es un garçon attentif et généreux."


Ma deuxième claque en éducation non violente !

Cette pratique développe la bienveillance entre enfants