Nous sommes toujours en hiver.

ll y a toujours quelques moustiques dans notre jardin.

Et de la glace parfumée dans notre congélateur. (Je ne sais pas pourquoi zhom continue d'en acheter alors que par les froids encourus, pas besoin d'un bâtonnet pour se rafraichir. Suffisait d'ouvrir la fenêtre pour se les geler. C'est vrai que ce n'est pas le même plaisir).

 

Samedi, 8h du mat, dans la cuisine

Benjamin en pyja-schtroumpf approche sa TRIP TRAP du frigo, grimpe dessus, ouvre le congélateur et plonge la main ...

- "kéketufé Benjamin ?"

- "je veux manger une glace au chocolat (propos accompagnés des signes en langage sourd-muet = hyper motivé mon gnome)

- "OK, je suis d'accord".

 

Je file me doucher. J'entends mon aîné descendre l'escalier et (j'imagine après avoir vu son frère à table) ouvrir le congélateur. A ce moment (j'imagine) arrive son père.

- "Que cherches-tu dans le congélateur Titou ?"

- "Je veux une glace à la fraise".

- " !!! Je ne suis pas d' . On ne mange pas de glace au petit-déjeuner."

- "Mais papa, j'ai très envie d'une glace. Je la veux maintenant. Et je veux celle avec une étoile à la vanille".

- "Je viens de te dire que c'est non. J'aimerais bien que tu m'écoutes quand je dis non".

 

Par hasard , je sors de la salle de bain pile à cet instant et les rejoins.

- "C'est vraiment pas juste. Benjamin il a le droit et pas moi."

- "Comment ça ? (là il découvre notre dernier en train de lécher sa cuiller en silence - pas folle la guêpe - d'habitude, il ronronne de plaisir). Oui ben moi je ne suis pas d'accord".

 

Titou s'effondre sur sa chaise et d'injustice et de frustration.

Mon mec n'étant pas du matin, je sens la brise susceptible de se transformer en tempête !

J'interviens ...

- "Je ne suis pas du même avis que ton papa mais c'est à régler entre vous. Cependant y a-t-il autre chose que tu pourrais manger ce matin ?

- "Je veux du saucisson !!!"

- " Pas de problème, répond son père. C'est le petit déjeuner de ton papi. Il serait content de savoir que tu manges comme lui. Je vais te couper quelques tranches."

Grâce au cochon, les voilà réconciliés et la météo de notre matinée peut-être sauvée ? Sauf que moi dans ma tête j'ai pensé : - " !!! Je ne suis pas d' . On ne mange pas de saucisson au petit-déjeuner !!!".

 

Je me suis abstenue de répondre parce que le différend était entre mes zhoms. Et aussi parce que je me suis sentie bête . Cette histoire de refus est vraiment ridicule. Combien de fois disons-nous NON à notre enfant par simple fidélité à une culture familiale ? Si j'ai fait étrangement l'impasse sur la glace que je ne mangeais pas chez moi petite au réveil, j'aurais de toute façon décliné la suggestion du saucisson. Parce que dans ma famille, on n'en mangeait pas à 8h du mat !!! Or si je prends du recul avec cette scène, quel mal y a-t-il à savourer l'un ou l'autre au petit-déjeuner ? Aucun. En plus si moi j'ai super envie d'en manger, je demanderais l'autorisation à personne. Alors pourquoi agir autrement avec mes enfants ? La différence en leur défaveur, c'est qu'ils dépendent de nous pour assouvir leurs désirs. Dans certains cas, notre refus me semble juste et dans d'autres situations malhonnête (abus de pouvoir, croyances, influences ...). A méditer tout ça tout ça !


Mercredi dernier, 10h30, dans le salon

Mon duo comploteur s'approche de moi en me tendant la boite d'un dessin animé ...

- "Maman ! Benjamin et moi on veut regarder Grabouillon".

Je perçois alors immédiatement mes neurones miroir prendre les commandes de mon cerveau et me transformer en ma mère pour répondre à leur demande :

- "Chez nous, on ne regarde pas la télévision à cette heure ci. Tu attendras Casimir."

Sauf que, encore sous le choc de ma découverte d'il y a quatre jours, je trouve le courage de ranger ma mère dans sa boite , de me retransformer en moi d'aujourd'hui  et je dis à mes p'tits gars :

- " OK je suis d'accord pour tant d'épisodes et ensuite on fait une activité tous ensemble".

 

Lâcher prise avec ma croyance familiale m'a offert un temps de respiration pour réaliser un projet. Mes enfants ont fait le plein de ce qu'ils attendaient. Nous avons passé une journée à jouer dehors et dedans sans reparler de vidéos. Tout le monde y a trouvé son compte et ce fut une journée sans heurt.

 

Moralité de l'histoire

Avant de leur dire NON, je pense à vérifier

  • que mon NON ne soit pas une réflexe automatique
  • que mon NON ne soit pas chargé d'une valeur qui ne m'appartient pas