am1Extrait de ce livre

" J'ai le droit d'être triste ou heureux si quelque chose me rend triste ou heureux, mais personne n'est en droit d'exiger de moi que je sois gai et je ne suis pas obligé de réprimer ma peine, ma peur ou d'autres sentiments en fonction des besoins des autres. j'ai le droit d'être méchant, et cela ne tuera personne, ne donnera mal à la tête à personne, je peux me mettre en rage si vous me blessez, sans pour cela vous perdre, vous mes parents.

Sitôt que l'adulte peut prendre au sérieux ses sentiments actuels, il commence à saisir le traitement qu'il a jadis infligé à ses sentiments et ses besoins, et que le refoulement était la seule chance de survivre."

 

 

Alice MILLER (1923-2010)

am2Cette femme a contribué à lever le silence sur la maltraitance et l'abus de l'enfance (humiliations, coups, gifles, tromperie, exploitation sexuelle, moquerie, négligences ...). Docteresse suisse en philosophie, psychologie et sociologie et chercheuse sur l'enfance, ses ouvrages et ses thèses sur la violence cachée, qui caractérisent, selon elle, souvent les relations entre parents et enfants, l'ont rendue célèbre. A partir de 1980, sa réflexion sur le sujet l'amène à une nouvelle approche de la thérapie à laquelle elle intègre, entre autres, le dessin. Elle va rédiger de nombreux ouvrages où elle décortique l'influence et le retentissement psychosomatique des années d'enfance.

Son site internet : ici

 

 

J'ai abordé le travail de cette chercheuse avec son livre : Notre corps ne ment jamais - dont le résumé est ci-dessous. Ayant déjà bien cheminé sur les maux du corps, symptômes de nos maux émotionnels, pour ma part, ce qui m'a le plus marquée, c'est la fidélité de l'adulte (= de l'enfant devenu adulte) à respecter (honorer) ses parents même s'ils l'ont fait souffrir. Alice Miller explique que cette loyauté morale vient d'une loi inscrite dans le code civil napoléonien - qui est en fait le 4ème commandement de Moïse - "Tu honoreras ton père et ta mère". De fait, ce principe empêche (inconsciemment) toute rébellion. Nous nous devons d'aimer nos parents quelle que fusse leur attitude à notre égard. Ce qui impose le refoulement d'émotions négatives. Or pour (nous) guérir, il est obligé d'aller chercher ces ressentis occultés, de les valider comme vrais et acceptables. Ce qui amène à ne plus cautionner une ou des expériences malveillantes ou toute une éducation maltraitante. S'autoriser à ne plus aimer l'adulte éducateur qui nous a blessé(e) ouvre la porte de notre guérison intérieure.

Le pardon ne guérit pas car le noeud émotionnel (la souffrance) reste du côté de la "victime" et non du "bourreau".

On retrouve cette information avec Jacques Salomé ici (06:38)

 


 

am3" Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie..., c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire, et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger ; de l'autre, il y a notre esprit et notre volonté conditionnés par la morale et l'éducation traditionnelles à aimer et honorer, quoi qu'il arrive, ces mêmes parents. Ce livre nous montre, à travers de nombreux exemples - notamment les vies d'écrivains célèbres - les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais aussi qu'il existe, aujourd'hui, des raisons d'espérer. Non, nous ne sommes pas obligés d'être les " bons " enfants de nos parents s'ils nous ont fait du mal et s'ils continuent de pratiquer le chantage affectif. Oui, c'est notre responsabilité que d'être attentifs aux signaux d'alerte que nous envoie notre corps. Oui, au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l'histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l'espoir de naître à une authentique liberté intérieure."


 



am"Quand on éduque un enfant, il apprend à éduquer ;

Quand on fait la morale à un enfant, il apprend à faire la morale ;

Quand on met en garde, il apprend à mettre en garde ;

Quand on se moque de lui, il apprend à se moquer ;

Quand on l'humilie, il apprend à humilier ;

Quand on tue son intériorité, il apprend à tuer.

Il n'a alors à choisir qui tuer : lui-même les autres ou les deux."

Alice MILLER